Mercier & Anjou
18:00 30 avril 2021 | mise à jour le: 30 avril 2021 à 18:00 temps de lecture: 4 minutes

Cour de voirie Honoré-Beaugrand: du logement, mais pas de commerces pour le moment

Cour de voirie Honoré-Beaugrand: du logement, mais pas de commerces pour le moment
Photo: Frédéric Hountondji/Métro MédiaAprès quelques prolongations, le chantier est prévu pour débuter finalement ce 30 avril.

Le projet immobilier de l’ancienne cour de voirie Honoré-Beaugrand dans Mercier-Est qui prévoit la construction d’au moins 275 unités d’habitation se fera pour le moment sans son volet commercial.

Le promoteur, la société EJP construction inc., a annoncé le 1er mars à la Ville qu’il n’était plus capable de réaliser le projet dans son ensemble pour des raisons économiques.

«La crise actuelle de la COVID-19 a des impacts considérables dans la société et a engendré des perturbations importantes dans le système économique québécois», lit-on dans les documents présentés au comité exécutif de la Ville de Montréal, le 28 avril.

Le Service de l’habitation et l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ont accepté que l’entreprise s’occupe seulement du volet social du projet pour l’instant. Il s’agira alors pour EJP de réaliser quelque 275 unités d’habitation.

Celles-ci seront réparties ainsi: 67 unités d’habitation seront destinées au logement social (24,4%), 80 seront des logements abordables (29,1%) et 128 seront des unités privées comportant un certain nombre de logements destinés aux familles.

«Le projet initial suit son cours. Nous avons simplement effectué un ajustement technique afin de permettre au promoteur de débuter la première phase. Nous sommes très heureux de voir le projet démarrer», explique Pierre Lessard-Blais, maire de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Il tient donc à préciser que le volet commercial ne sera pas annulé: «Les deux autres phases suivront, en temps et lieu». L’élu souligne l’importance du volet commercial en rappelant que durant la consultation publique, les résidents avaient qualifié le secteur de «désert alimentaire.» «Le marché d’alimentation est donc devenu une exigence dans l’appel d’offre afin de répondre aux besoins des citoyens», appuie le maire.

Initialement, le marché d’alimentation envisagé devait s’étendre sur une superficie de 37 000 pieds carrés. La surface éventuelle avait été augmentée à 40 000 pieds carrés.

Commerçants et table de quartier

La nouvelle d’entamer l’ouvrage sans le marché d’alimentation a surpris des commerçants. Ils disent qu’on parle du projet depuis une vingtaine d’années. Il aurait été même avancé la possibilité d’emménager l’IGA de la place sur le site.

«Tout était planifié, puis les plans sont là», avance Éric Veillette, directeur de ce supermarché situé au bord de la rue Hochelaga, presque en face de l’ancienne cour de voirie. Il explique qu’il essaie de gérer la petite place qu’occupe le commerce pour avoir plus de produits et satisfaire les clients du quartier.

La Table de quartier Solidarité Mercier-Est fait partie du comité bon voisinage de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Il suivait depuis longtemps le développement du projet. «En tant que table de quartier, nous travaillons fort à ce que celui-ci s’installe dans le paysage urbain du quartier tout en tenant compte des différents commentaires reliés à sa construction (entrée de l’épicerie, la circulation dans le secteur, etc.)», déclare Jean-Patrick Reysset, agent de communication de Solidarité Mercier-Est.

L’organisme est au courant de l’incertitude qui plane sur le volet commercial du projet, mais avoue ne pas en connaître les raisons. «L’arrondissement ainsi que le promoteur EJP nous ont mentionné qu’ils étaient encore en cours de négociations. Toutefois, nous sommes satisfaits de l’amorce prochaine de la construction des 67 logements sociaux reliés au projet», se réjouit M. Reysset.

Le projet revêt une grande importance pour Solidarité Mercier-Est qui espère qu’il va revitaliser l’entrée de quartier et relancer le secteur commercial et culturel.

«Ce projet présente l’avantage de pouvoir installer de nouvelles familles, mais surtout de proposer des logements sociaux et abordables», spécifie l’agent de communication. L’arrondissement réitère que pour la première phase, ce sont 67 logements sociaux qui seront construits, soit 24% des unités d’habitation projetées. «C’est un gain important, surtout que les besoins en habitation sont criants», relève M. Lessard-Blais.

Après quelques prolongations, le chantier devrait finalement débuter ce 30 avril. Contacté, le promoteur n’a pas réagi. Rappelons que les premiers plans du projet étaient élaborés en 2012.

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