Mercier & Anjou
16:28 26 mai 2021 | mise à jour le: 26 mai 2021 à 16:28 Temps de lecture: 4 minutes

Recyclage Lithion prend son envol depuis l’arrondissement d’Anjou

Recyclage Lithion prend son envol depuis l’arrondissement d’Anjou
Photo: Gracieuseté/Recyclage LithionRecyclage Lithion: un projet pilote implanté à Anjou

C’est un nouvel essor que prend l’entreprise d’Anjou Recyclage Lithion avec la signature récente d’une entente avec  Hyundai Canada pour la récupération et le recyclage des batteries de ses véhicules hybrides.

L’accord est une étape déterminante dans le développement de l’entreprise, laquelle passera de l’étape de projet pilote à celle de la création d’une usine commerciale.

«Pour nous c’est une belle entente. Ça confirme le sérieux de notre entreprise et de notre mission. On va avoir aussi d’autres ententes avec d’autres fabricants automobiles pour alimenter notre usine commerciale», explique à Métro Jean-Christophe Lambert, responsable Développement des affaires chez Recyclage Lithion.

Il ne veut pas pour l’instant dévoiler ce que cette usine représentera en matière d’investissement. Cependant, il avance qu’il s’agit d’un projet de quelques centaines de millions de dollars. Elle traitera 7500 tonnes de batteries lithium-ion par an, au Québec.

Même si le siège de Recyclage Lithion est à Anjou, il n’est pas sûr que l’arrondissement abritera la future usine, à en croire son directeur Développement des affaires. «C’est certain que ça va être au Québec, cette question-là est déjà réglée. Mais où au Québec? Ça reste à déterminer. Je dirai que Montréal Est, en général de façon plus large, fait partie de nos sites potentiels.»

Débuts de Recyclage Lithion

Notons que Recyclage Lithion a été fondé en 2018 et a développé dès l’année suivante une technologie permettant de recycler les batteries lithium-ion, lesquelles se retrouvent dans les téléphones portables, les ordinateurs, les batteries des véhicules hybrides et électriques, etc.

Grâce à sa technologie, l’entreprise broie les batteries et en récupère par un procédé d’hydrométallurgie, 95% des composantes comme le nickel, le cobalt, le graphite et le lithium. Elles sont traitées et réutilisées par les fabricants de batteries.

L’objectif de l’usine pilote est de peaufiner la technologie afin qu’elle puisse s’imposer sur le marché. Elle traite actuellement 200 tonnes de batteries par an, ce qui équivaut à quelque 500 batteries de véhicules électriques.

Déjà les premières batteries Hyundai

La première entreprise d’envergure internationale à bénéficier de sa technologie est Hyundai Canada. Après l’entente que les deux compagnies ont signée en mars, l’usine a commencé à recevoir les premières batteries.

«Présentement, on a déjà reçu à notre usine pilote des batteries de Hyundai, qui avaient été changées chez un concessionnaire pour faire des tests et montrer le potentiel de recyclage de ces batteries-là», a déclaré M. Lambert.

Par ce partenariat, Hyundai espère développer sa politique d’électrification des moyens de transport dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques.

«Le développement des véhicules électriques est l’une de nos priorités depuis de nombreuses années. Hyundai est devenue le plus important distributeur de véhicules électriques grand public au Canada, et nous en sommes très fiers», s’est félicité Michel Poirier, directeur de l’expérience client et du service après-vente chez Hyundai Auto Canada. Il a ajouté: «Par conséquent, nous devons être proactifs et développer un modèle d’élimination durable de ces batteries en fin de vie».

Benoît Couture, président de Recyclage Lithion, renchérit en reconnaissant que Hyundai Canada est un fournisseur soucieux de créer une chaîne d’approvisionnement durable pour ses batteries lithium-ion. «Cette entente de service aura pour effet de valider une technologie à la fois économique et novatrice, réduisant considérablement l’empreinte de carbone associée aux technologies existantes et à l’exploitation minière», a-t-il fait valoir.

Recyclage Lithion, qui n’utilise pas le procédé thermique de la pyrométallurgie, a obtenu en 2019 une subvention de 4,8 millions de dollars du Québec pour la réalisation de son projet pilote totalisant 12 millions de dollars.

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