Mercier & Anjou

REM de l’Est : une partie du tracé sur Sherbrooke déplacée sur Souligny

Virginie Cousineau, porte-parole du REM de l'Est, et Christian Ducharme, vice-président, Ingénierie, CDPQ Infra. Photo: Jason Paré, Métro

CDPQ Infra a annoncé ce mardi un important changement au tracé du REM de l’Est dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Une portion de 4,5 km du parcours prévu dans le projet initial sur la rue Sherbrooke Est est déplacée principalement le long de l’avenue Dubuisson, dans Tétreaultville.

CDPQ Infra et le CN sont parvenus à une entente permettant au REM de l’Est d’utiliser une section de l’emprise ferroviaire en parallèle de l’avenue Souligny, entre la rue Honoré-Beaugrand et l’avenue Georges-V.

Ce changement permet d’éviter le passage sur une partie de la rue Sherbrooke Est, ce qui provoquait la grogne de certains commerçants. Selon CDPQ Infra, ce sera également un nouvel avantage pour un secteur moins bien desservi en transport collectif puisque ses résidents sont plus éloignés de la ligne verte du métro.

«Au lieu de bifurquer vers le nord pour rejoindre la rue Sherbrooke, on va traverser tout de suite l’autoroute 25 à la hauteur de Souligny, pour aller juste au nord de l’emprise ferroviaire», a expliqué lors du point de presse le vice-président, Ingénierie, CDPQ Infra, Christian Ducharme.

Selon CDPQ Infra, la prise en charge de cette emprise ferroviaire porte à près de 50 % la portion du tracé du REM de l’Est qui se situe sur des emprises privées existantes ou souterraines.

Le premier arrêt dans Mercier-Est demeure donc sur la rue Honoré-Beaugrand, mais à l’angle de l’avenue Souligny au lieu de celui avec la rue Sherbrooke.

«Tout de suite après la station, on va passer du côté sud de l’emprise ferroviaire, pour aller longer l’avenue Dubuisson en aérien», a poursuivi Christian Ducharme.

La deuxième station, anciennement prévue au faubourg Contrecœur, sera plutôt située près de l’aréna Clément-Jetté et la piscine Annie-Pelletier. Le tracé aérien se poursuivra jusqu’à l’avenue Georges-V puis remontera vers le nord pour aller rejoindre la rue Sherbrooke Est.

«Il y a des avantages indéniables à s’installer ici. Comme vous voyez, on est déjà dans une emprise ferroviaire. Au niveau des notions d’intégration urbaine, l’utilisation qu’on fait du territoire est parfaitement compatible avec ce qu’on a déjà en place», soutient le vice-président, ajoutant que la structure aérienne du REM de l’Est paraîtra moins massive sur l’avenue Dubuisson que sur la rue Sherbrooke Est et n’aura pas d’impact sur la circulation.

Ça fait des années que les planificateurs en transport cherchent un moyen de transformer ce corridor au bénéfice du transport collectif des personnes. Donc, on pense que c’est une solution qui est très prometteuse, mais on va être à l’écoute de la population.

Virginie Cousineau, porte-parole du REM de l’Est

L’option souterraine écartée

Questionné sur la possibilité de faire un tracé souterrain, Christian Ducharme soutient que cette option a été considérée.

«[Un tracé souterrain serait] un ouvrage monumental et très complexe à réaliser, a déclaré le vice-président. D’ajouter ça au projet est trop ambitieux et ça fait en sorte qu’on n’est plus capable de dire quand on va être capable de terminer le projet et combien il va coûter. C’est le genre choses qui peut faire en sorte que le projet ne se réalise jamais.»

Cette mise à jour sur le projet du REM de l’Est découle des consultations et des échanges tenus avec la population au cours de la dernière année. Depuis le lancement du projet en décembre 2020, CDPQ Infra a tenu des consultations auprès de la population. Près de 32 000 personnes ont été consultées jusqu’à présent, précise CDPQ Infra.

Pour ce qui est du tracé passant au parc Morgan, dans Hochelaga, la porte-parole du REM de l’Est, Virginie Cousineau, affirme que CDPQ Infra est en train de travailler sur une solution pour avoir le moins d’impact possible et garder la quiétude des usagers de cet espace vert.


Photo: Jason Paré/Métro

Toujours de l’opposition au projet

Quoique très respectueux lors du point de presse, des opposants membres du Collectif en environnement Mercier-Est ont signifié leur présence en brandissant une pancarte contre le REM aérien.

Portant ladite pancarte, Ronald Daignault habite sur l’avenue Dubuisson et ne voit pas ce changement d’un bon œil.

«Ce n’est pas une très bonne nouvelle. Une structure aérienne, ce n’est déjà pas esthétique sur le bord de la 40 dans le West Island. Ce n’est sûrement pas une très bonne idée de nous mettre ça en plein centre d’un secteur résidentiel.»

Si les résidents du coin sont déjà habitués au train de marchandises, M. Daignault considère que ce n’est pas comparable avec un REM dont la fréquence des passages sera beaucoup plus élevée.

Même son de cloche du côté de Chantal Lorrain qui se dit déboulonnée par l’annonce de ce changement.

«Un REM de l’Est en mode aérien, que ce soit sur Sherbrooke ou Souligny, ça n’a pas de maudit bon sens», déplore la résidente.

Elle se dit particulièrement inquiète pour la quiétude du secteur, surtout que le projet s’ajoute à celui de plateforme de transbordement de marchandises de l’entreprise Ray-Mont Logistiques qui augmentera le passage de trains sur la voie ferroviaire.

Chantal Lorrain critique également la gouvernance du projet, soutenant que CDPQ Infra a «escamotée» les réponses qu’elle a données aux questions citoyens lors des consultations.

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