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Inflation et aide alimentaire: les engagements des différents partis

Actuellement, près de 350 familles récupèrent chaque semaine des denrées alimentaires auprès des deux organismes d’Anjou. Si la demande a grimpé à plus de 500 à un certain moment au cours de la pandémie, elle était de moins de 200 avant celle-ci. Photo: Jason Paré, Métro Média

Depuis plusieurs mois, une inflation galopante frappe le portefeuille des Québécois. Parmi les services de première ligne pour leur venir en aide se trouvent les organismes communautaires qui font entre autres de l’aide alimentaire. Ces organismes peinent cependant à trouver du financement pérenne pour leurs activités et font face, comme la plupart des employeurs, à une pénurie de main-d’œuvre.

C’est le cas de SAC Anjou et CHORRA – deux organismes de l’arrondissement d’Anjou – qui ont uni leur force pendant la pandémie afin d’aider les citoyens ayant de la difficulté à joindre les deux bouts.

«L’enjeu principal, ce sont les fonds à la mission, soutient la directrice générale de SAC Anjou, Francine Baril. On est tout le temps en train d’écrire des demandes de projets qui sont de quelques mois ou quelques années.»

Attribuable au mécanisme de financement par projets, cette multiplication des demandes alourdit la tâche des organismes communautaires, qui aimeraient bien concentrer leurs énergies ailleurs, en plus de créer des incertitudes pour leur avenir, explique Mme Baril.

«Tandis qu’avec des fonds à la mission, on fait un rapport par année, et ce sont des ententes sur trois ans», mentionne la DG, soulignant que ce financement permet d’avoir une stabilité et de payer les frais fixes, tels que les loyers et les salaires.

Afin de dénoncer leur «sous-financement perpétuel», plus de 300 groupes communautaires se sont d’ailleurs réunis en février dernier au centre-ville de Montréal. Dans le cadre de la campagne électorale, une nouvelle action nationale est prévue dans la métropole le 29 septembre, sous le thème Engagez-vous pour le filet social.

Dans ce contexte, Métro a interrogé les cinq principaux partis politiques pour connaître leurs engagements afin de lutter contre l’inflation et de venir en aide aux organismes communautaires.

Allocation et crédit d’impôt

Contrairement à la plupart de ses adversaires, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, ne promet pas des baisses de taxes ou des baisses d’impôt, lesquelles, selon lui, réduisent la capacité de l’État à financer les services publics.

Il propose plutôt de mettre en place une «allocation pouvoir d’achat», de 1200$ pour les personnes ayant un revenu inférieur à 50 000$ et de 750$ pour celles dont le revenu se situe entre 50 000$ et 80 000$. À cela s’ajoute une promesse de doubler le crédit d’impôt pour solidarité.

Concernant le milieu communautaire, le chef du PQ a indiqué à Métro qu’il avait l’intention de rehausser les budgets.

«On veut vivre dans une société où tout le monde a quelque chose à manger et ça prend des organismes communautaires pour ça», affirme-t-il.

C’est un modèle qu’on veut encourager et qu’on va soutenir beaucoup plus une fois au pouvoir.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ

Suspension de la TVQ

À l’instar du Parti libéral du Québec (PLQ), Québec solidaire (QS) promet de suspendre en partie la TVQ sur les produits dits essentiels et de geler les tarifs d’hydro-électricité.

Lorsqu’on demande à la candidate de QS dans Camille-Laurin, Marie-Eve Rancourt, si le gouvernement ne se prive pas ainsi de revenus qui pourraient être investis dans les programmes sociaux, celle-ci rétorque que la mesure serait temporaire et permettrait d’alléger le fardeau des familles.

Pour ce qui est des organismes communautaires, QS souhaite revaloriser leur rôle en rehaussant le financement à la mission.

«C’est une demande de longue date», précise Marie-Eve Rancourt, reconnaissant la lourdeur administrative du financement par projets.

[Il faut] permettre aux organismes de remplir pleinement leur mission, parce qu’on sous-estime le travail qu’ils effectuent; ils constituent un réel filet social pour l’ensemble de la société.

Marie-Eve Rancourt, candidate solidaire dans Camille-Laurin

Pénurie de main-d’œuvre

Si le PLQ souhaite lui aussi donner de l’oxygène aux familles en supprimant la TVQ sur les biens de première nécessité et en gelant les tarifs d’Hydro-Québec, le parti de Dominique Anglade propose également de réduire les impôts pour ceux qui gagnent moins de 92 000$ par année.

Sachant que 36% des Québécois ne paient pas d’impôt, cette dernière mesure aura seulement un impact sur les gens de la classe moyenne, admet en revanche la candidate libérale dans Camille-Laurin, Christina Eyangos.

La candidate dit bien connaître le milieu communautaire de l’est de Montréal, s’étant impliquée au sein de divers organismes de son quartier.

Elle déplore d’ailleurs que l’organisme Frigo de l’Est soit contraint de suspendre pour un mois son service d’aide alimentaire, faute de main-d’œuvre.

Cet enjeu [la pénurie de main-d’œuvre] est encore plus délétère pour les organismes communautaires, parce qu’ils n’ont pas de pouvoir d’attractivité, ils ne peuvent pas faire compétition avec d’autres employeurs.

Christina Eyangos, candidate libérale dans Camille-Laurin

La candidate croit qu’en remettant plus d’argent dans les poches des contribuables, cela permettra de diminuer la pression sur les organismes communautaires.

D’autres annonces seront faites pour ce secteur, promet Christina Eyangos.

Taxe sur l’essence

Baisser les impôts fait aussi partie des promesses du Parti conservateur du Québec (PCQ), qui souhaite également retirer la taxe sur l’essence.

Cela aura une incidence sur les produits et les services que les citoyens consomment.

Carmel-Antoine Bessard, candidate conservatrice dans Bourassa-Sauvé

Si le PCQ n’a pas de mesures qui visent directement le milieu communautaire, Carmel-Antoine Bessard met de l’avant la stratégie du parti pour réduire le décrochage scolaire ou encore la volonté du PCQ de bonifier l’allocation-logement ou de supplément au loyer plutôt que les subventions pour la construction de HLM supplémentaires.

«Ces locataires en difficulté pourront ainsi choisir plus facilement le lieu de vie qui leur convient. Cela leur évitera aussi d’attendre des années sur des listes de gens admissibles où ceux qui sont servis ont souvent des passe-droits», peut-on lire dans le programme du parti.  

«Bouclier anti-inflation»

Contrairement aux autres partis, la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas donné la possibilité à Métro de parler directement à un candidat pour aborder les questions de l’inflation et des enjeux dans le milieu communautaire.

Réaffirmant par écrit que la lutte contre l’inflation est une priorité, la CAQ a rappelé les mesures de son «bouclier anti-inflation»: baisses d’impôts, soutien aux aînés, plafonnement des tarifs gouvernementaux et versement de 400$ et de 600$ selon le revenu.

«En ce qui concerne les organismes communautaires, nous sommes fiers de dire que jamais un gouvernement n’a autant rehaussé leur financement, a affirmé par courriel l’attaché de presse de la CAQ, Alexandre Lahaie. Depuis 2018, le PSOC [Programme de soutien aux organismes communautaires] a été rehaussé de 127,1 M$, excluant l’indexation. Cela s’ajoute aux 116 M$ d’aide d’urgence qui ont été consentis aux organismes pendant la pandémie.»

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