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Cérémonie de clôture

Bonjour Mesdames et Messieurs, et bienvenue à cette émission spéciale qui couvrira la cérémonie de clôture des 40es élections québécoises. Mon nom est Valmont Lacaille, et c’est à moi que revient l’honneur d’être votre descripteur et commentateur de ce grand spectacle auquel nous assisterons dans quelques minutes.

Comme vous pouvez le voir à l’écran, le stade est rempli à pleine capacité. On sent l’ambiance suinter à travers les fissures qui parcourent les murs. On peut même la voir couler du toit… euh non, ça, c’est la toile qui fuit de nouveau.

Bref, à l’intérieur, les gens crient et encouragent leurs partis et candidats favoris. Certains ont même fabriqué des pancartes d’encouragement.  Vous pouvez également me twitter vos commentaires avec le mot-clic #résultatqc2012.

Si vous trouvez que je dis la même chose que lors de la cérémonie d’ouverture, vous avez parfaitement raison. Je prends exemple sur les candidats et leurs chefs qui, pendant toute la campagne, nous ont martelé à répétition les mêmes slogans, les mêmes promesses, les mêmes rhétoriques, les mêmes demandes de pardon et les mêmes scandales concernant leurs adversaires.

Sans compter que cette fois-ci, en plus de leur présence dans les médias traditionnels, ils ont également envahi les réseaux sociaux, parfois même de façon agressive, jusqu’à nous rendre malades comme un popcorn dégoulinant de beurre. Pour certains électeurs, ce fut trop.

Quelques-uns m’ont confié qu’ils avaient d’ailleurs changé leur vote après avoir été harcelés, jour après jour, sur Twitter et Facebook par des partisans extrémistes d’un certain parti. Certains m’ont même dit qu’ils auraient voté pour eux s’ils les avaient convaincus avec leurs idées au lieu de leur faire peur avec des épouvantails de chaos s’ils n’étaient pas élus.

Il reste moins de 5 minutes avant de connaître la décision du peuple, le temps de compiler le vote qui se fait, pour la première fois, par Internet et sous la supervision de la firme Des petits amis du pouvoir. En attendant, sur l’écran géant, on montre les différents chefs de parti. Oh, la foule entame un Na, na, na, hey, hey, hey, good bye. Pas besoin de vous dire qui est à l’écran.

C’est maintenant l’heure d’officialiser le résultat. Le nom du gagnant va apparaître sur l’écran géant dans moins de cinq secondes. La foule entame le décompte puis…

Oh, on me glisse à l’oreille que nous avons un petit problème de transmission avec l’image. Pour le moment, vous devrez vous contenter de la voix. De toute façon, pas besoin de savoir à quoi ressemble notre nouveau premier ministre, vu que ça n’a rien à voir avec la fonction, même si une a prétendu le contraire durant la campagne.

On va maintenant donner la parole au gagnant, votre nouveau premier ministre :

« Je voudrais tout d’abord féliciter mes adversaires pour une aussi belle campagne. Je tiens également à remercier mes partisans qui m’ont permis de réaliser un rêve en devenant chef de notre belle et grande nation. Mais je tiens également à remercier tous ceux qui n’ont pas voté pour moi.

Car c’est grâce à eux que j’ai compris que ni moi ni mon parti ne détenions ni la vérité ni la solution à tous les problèmes. En cours de campagne, j’ai dû me rendre à l’évidence que parfois, mes adversaires avaient de meilleures idées que moi pour régler certaines situations. Je devrai donc les mettre en application. Après tout, je suis en poste pour vous servir et non pas pour servir mon ego.

Comme première action, je déclare donc qu’à partir de maintenant, tout élu pourra être choisi comme ministre au sein de mon cabinet. Il n’y a aucune raison pour que je prive la population de certains éléments simplement car ils ne pensent pas complètement comme moi. Je dirigerai donc un vrai gouvernement de coalition.

Je vous promets également de respecter mes promesses ou du moins d’être redevable et responsable de mes actions. S’il y a manquement, j’espère que vous me rappellerez à l’ordre. Je sais que je ferai des gaffes, mais vous serez là pour me remettre dans le droit chemin. »

La foule et les candidats, défaits comme élus, semblent sous le choc de l’annonce. Ce discours, digne de celui de Rocky après sa victoire contre Ivan Drago, vient redonner espoir au peuple québécois pour les années à venir. Et si c’était vraiment un vent de changement…

Oh, l’image vient de revenir. Mais qu’est-ce qu’on voit ? Elle semble provenir de l’arrière-scène. On voit le nouveau premier ministre de dos. Il a les mains derrière lui et….

je n’y crois pas…

il a…

les doigts…

croisés.

On aurait dû s’en douter.

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