La persévérance scolaire, un défi collectif
La relation entre la pauvreté et l’échec scolaire n’est plus à faire. De nombreuses études en ont fait la démonstration. Dans cette optique, les enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve ont tout un handicap à remonter.
Huit des neuf écoles primaires du territoire se classent parmi les 20 % des écoles les plus défavorisées de Montréal. Les élèves présentant des troubles de comportement et d’apprentissage sont proportionnellement plus nombreux dans le quartier (15,7 %) que dans l’ensemble de la Commission scolaire de Montréal (9,9 %).
Les données sur le décrochage scolaire le prouvent également : plus de la moitié de la population des 15-24 ans ne détient pas de diplômes d’études secondaires.
Toutefois, le quartier est habité d’une étonnante dynamique de solidarité. Hochelaga-Maisonneuve assiste à l’éclosion et au maintien de nombreux organismes communautaires où l’éducation populaire, l’entraide, le bénévolat et le soutien sont actifs. Le quartier en est un soutenant pour ses apprenants.
La Table de persévérance scolaire de Hochelaga-Maisonneuve en est un bon exemple. Elle axe ses interventions sur la consolidation des acquis scolaires des enfants, le maintien des adolescents à l’école, la valorisation et l’augmentation du taux de diplomation des 16 à 24 ans, ainsi que sur le retour aux études des adultes.
C’est dans ce contexte qu’elle organise annuellement le Gala de reconnaissance des commerçants et des entrepreneurs. L’objectif de cette soirée, tenue le 16 février dernier, est de remercier les divers entrepreneurs qui accueillent des jeunes en leur offrant des stages en entreprises.
Pour les « mentors », c’est l’occasion rêvée de donner un coup de pouce à des jeunes en leur permettant d’acquérir une première expérience concrète de travail et les guider dans leur futur choix de carrière.
Les coprésidents d’honneur du gala, Richard Legendre, vice-président de l’Impact de Montréal, et Réal Ménard, maire de l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, ont tour à tour souligné l’importance des mentors, tout en les encourageant à poursuivre leur engagement auprès des jeunes.
Le stage est souvent une source de motivation pour les élèves dans la poursuite de leurs études. Ils ont la chance de se familiariser avec un métier et sont à même de clarifier leur choix.
Au cours de cette période, les jeunes prennent confiance en eux, vainquent leur timidité et prennent conscience de leur potentiel.
« Le stage est un moment privilégié pour plusieurs participants. Certains demeurent même à l’emploi de leur mentor, tout en poursuivant leurs études. D’autres ont ainsi trouvé leur voie. Ils savent maintenant ce qu’ils veulent faire plus tard et ils prennent les moyens pour y arriver. C’est très formateur », indique Marie-Lyne Brunet, coordonnatrice de la Table de persévérance scolaire de Hochelaga-Maisonneuve, qui souhaite du même coup que le gala devienne une tradition dans le quartier.