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Une année sans boucane

Un anniversaire ça se fête. Encore plus un premier. Et c’est le top, quand en plus, on peut fêter et se pavaner (intérieurement, parce qu’extérieurement, ça serait pas gentil pour les autres) de notre réussite quand même l’actualité nous rappelle combien on a réussi un exploit : celui d’avoir arrêté de fumer.

Pas de puff. Ni même de puffette. Encore moins de cigarillos ou de cigarette électronique. Pas de gomme, pas de patch, pas d’hypnose, pas d’acupuncture. Seulement de la volonté. Honnêtement, je ne croyais même pas en avoir. Faut croire que je ne me connaissais pas sous toutes les coutures.

Bon ok, j’avoue. En plus de volonté il m’a aussi fallu un peu (beaucoup) de bouffe. Mais bon, qu’est-ce que quelques livres en plus quand on vient de se débarrasser d’une vilaine habitude. Habitude dont je n’étais pas, je tiens à le souligner, le responsable bien évidemment.

Hé non. Ce n’était pas de ma faute si je fumais cigarette sur cigarette. Ce n’était pas non plus parce que j’aimais ça ou que ça me relaxait. Non, non. C’était parce que les méchants cigarettiers ne m’avaient pas averti des méchantes et pas fines conséquences de leurs produits sur ma volonté, ma santé et mon portefeuille.

Et encore moins que son produit était aussi addictif !

On dit que nul n’est censé ignorer la loi. Par contre, on peut en toute innocence ignorer les conséquences de produit qu’on décide de consommer de son propre gré. Il est même peut-être plus payant ainsi, vu qu’on pourra des années plus tard, poursuivre le fabriquant pour mensonges contre l’Humanité tel des criminels de guerre.

Je ne dis pas que les cigarettiers sont blancs comme neige, ou comme leur papier à cigarette, et qu’ils n’ont pas menti, mais faudrait tout de même être royalement stupide, épais, idiot (choisissez vous-même votre propre synonyme) pour ne pas être conscient des dangers associés à la consommation de la cigarette. Ce n’est pas comme si TOUT le reste du monde taisait ce « secret honteux».

Ok, je donne le bénéfice du doute aux gens de 60 ans et plus. Dans le temps, les études n’avaient pas révélé l’ampleur des dangers de ce produit. Mais passer les années 60, fallait soit être illettré, aveugle ou sourd (ou de mauvaise foi) pour ne pas être au courant… ou bien avoir la pensée magique du moi je n’aurai pas de problème même si je m’envois de la boucane dans les poumons.

Pour ma part, j’aurais honte de m’inscrire à ce recours collectif contre les cigarettiers. Je me sentirais vraiment colon de me présenter à la barre et de dire, en toute honnêteté :

« Non monsieur le juge, je n’étais pas au courant des dangers. Et une fois que je l’ai été, je n’ai pas eu la force ni la volonté d’arrêter. Même en voyant des gens mourir de ce fléau autour de moi, je continuais de me délecter de ce paradis perdu. Mais ce n’est pas de ma faute à moi. C’est le fabricant ! Moi je ne suis qu’une victime »

Bon, peut-être que j’exagère un peu, mais à peine. S’il fallait poursuivre tous les fabricants de produits qui nous mentent ou qui s’arrangent pour nous rendre dépendants de leurs produits, on n’en finirait plus. Et que dire des gouvernements qui nous mentent comme un joueur de poker bluffe. Est-ce qu’il faut les poursuivre aussi ?

À quand un recours collectif contre les brasseries pour les accuser de l’alcoolisme des gens ? Parce qu’après tout, ce n’est pas écrit nulle part que de consommer trop d’alcool peut rendre dépendant. Moi je ne le savais pas avant d’être atteint d’une cirrhose du foie.

Quoique faut bien occuper tous les avocats et déresponsabiliser encore plus la société. Sans compter que y’a de la grosse argent à faire. Bon ok, je cède moi aussi à la tentation. Je vais apposer mon nom au bas du recours collectif et me déresponsabiliser de MES choix de vies !

 

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