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Les locataires sont en crise dans le quartier

Photo: Audrey Gauthier/TC Media

La situation des locataires hochelagais ne cesse de se détériorer, estime le comité de base pour l’action et l’information sur le logement social (BAILS) de Hochelaga-Maisonneuve, qui dénonce un appauvrissement généralisé des ménages ainsi qu’une crise du logement.

Selon une étude demandée par l’organisme, le loyer médian a augmenté de 13,1% de 2006 à 2011. Pendant cette même période, le revenu médian n’a augmenté que de 5,6%.

«Les gens ont de plus en plus de difficulté à payer leur loyer. Ils déménagent alors dans d’autres quartiers, car vivre à Hochelaga-Maisonneuve est devenu impossible pour eux», souligne Chloé Tanguay, adjointe à la coordination du comité BAILS.

En cinq ans, les ménages consacrant plus de la moitié de leur revenu à leur loyer a bondi de 33%.

Crise du logement
Le taux d’inoccupation dans Hochelaga-Maisonneuve est loin de l’équilibre du 3% fixé par la Société canadienne d’hypothèque et de logement, faisant en sorte qu’il est de plus en plus difficile de louer un logement dans le quartier.

Le taux local est de 1,5% comparativement à 2,9% pour Montréal. On constate également une baisse du nombre de locataires depuis plus de 20 ans. Alors que 86% des résidents du quartier étaient des locataires, en 1996, le nombre a chuté à 77%, en 2011.

«En prenant le nombre absolu de locataires et le taux d’inoccupation, on remarque une pénurie de logements. De plus, aucune unité locative n’a été construite en 2012 et 2013», affirme Jonathan Aspireault-Massé, coordonnateur du comité BAILS, qui ajoute que ces donnés sont la preuve que l’embourgeoisement laisse des traces dans le secteur.

900 logements sociaux
Selon le comité BAILS, il faudrait construire 900 nouveaux logements sociaux dans les cinq prochaines années pour répondre aux besoins pressants des Hochelagais.

«Nous avons besoin d’habitations à loyer modique, de coopératives et de logements sociaux. C’est une façon de revitaliser le quartier sans chasser sa population. Il faudrait aussi construire les unités selon les besoins du secteur, où l’on retrouve un grand nombre de personnes seules», fait valoir Mme Tanguay.

«Il faudrait aussi obtenir une réserve de terrains et d’immeubles pour du logement social. En ce moment, les terrains sont tellement coûteux, qu’il est difficile de rendre viable un projet immobilier. Nous savons que dans sa politique d’austérité, le gouvernement Couillard va s’attaquer prochainement au logement social. Il faut agir rapidement», poursuit M. Aspireault-Massé.

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