Soutenez

D’un statut précaire à la stabilité résidentielle: Dans la rue tend la main aux jeunes

Photo: Audrey Gauthier/TC Media

Pour aider des jeunes qui jonglent avec toutes sortes de difficultés, l’organisme Dans la rue a fait construire 17 logements sociaux sur la rue Aird, dans Hochelaga, par l’entremise du programme Accès-Logis.

«Je vivais dans mon char. J’allais bientôt me retrouver à la rue si ce n’était de Dans la rue», explique Yannick, qui n’est pas le seul à vivre une telle situation.

«Ce sont des jeunes qui vivent des situations précaires. Ils ne sont pas tous dans la rue. Certains paient beaucoup trop cher pour se loger ou vivent dans des logements insalubres», révèle Isabelle Brisson, coordonnatrice des logements Dans la rue.

Les logements ne sont pas ouverts à tous. Des conditions doivent être respectées.

«Ce n’est pas de l’hébergement d’urgence ni une maison de jeunes. Le but n’est pas d’avoir des gens qui attendent leur chèque pendant cinq ans», affirme Mme Brisson.

Parmi les critères de sélection, le locataire doit vouloir se remettre sur pied, notamment dans l’optique d’entrer sur le marché du travail ou pour retourner sur les bancs d’école.

«On s’est rendu compte que la stabilité résidentielle était un enjeu important. Souvent, ils veulent commencer l’école, mais ils n’ont pas les sous, car tout passe dans leur logement», raconte Mme Brisson.

«Avoir un toit, c’est crucial pour un être humain. C’est l’étape ultime pour sortir de la rue», ajoute Caroline Dufour, directrice des services aux jeunes de Dans la rue.

Un nouveau départ
Les premiers locataires sont arrivés à la fin de décembre 2014, dont Yannick.

«J’ai sauté sur l’occasion. Là, je vis dans un univers confortable et beaucoup moins stressant. Ça me permet de respirer et d’avoir l’opportunité de devenir quelqu’un», souligne l’homme de 23 ans qui souhaite s’acheter une maison dans l’avenir.

Ayant vécu plusieurs mois sur le bien-être social, Yannick était prêt à retourner sur le marché du travail. Il a commencé un nouvel emploi, il y a quelques jours.

«J’étais tanné de la vie de B.S. Je veux une job stable. J’aimerais travailler dans le service à la clientèle», mentionne-t-il.

Fête de quartier
Pour «briser les barrières», Dans la rue et la Fondation des aveugles du Québec, qui possèdent l’un des immeubles limitrophes, ont organisé une grande fête, le 10 septembre, où tous les voisins du secteur étaient invités.

Dans la rue «Nous voulons apprendre à tous se connaître et ainsi déstigmatiser les deux immeubles sociaux, soit le notre et celui de la Fondation des aveugles», explique Nadjib Salah, conseiller en communication à Dans la rue.

Quelques voisins avaient exprimé leurs désaccords devant l’arrivée de ces deux projets sociaux. Une voisine a même dénoncé le fait que certains locataires étaient bruyants.

«Nous ne sommes pas là pour nuire, mais bien pour réaliser un rêve, soit de travailler pour une nouvelle vie pour ces jeunes», souligne Caroline Dufour, directrice des services aux jeunes de Dans la rue.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.