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Une école spécialisée lance un appel de détresse

Photo: TC Media/Catherine Paquette

 

Le manque d’espace à l’école secondaire Irénée-Lussier empêchera bientôt l’établissement d’accueillir de nouveaux élèves ayant des besoins particuliers.

La direction demande un financement pour la construction d’une école neuve depuis 2009.  L’école Irénée-Lussier accueille des élèves de 12 à 21 ans qui présentent tous une déficience intellectuelle moyenne, sévère ou profonde.

Sans nouvelle du ministère depuis une visite des fonctionnaires au mois de janvier, la présidente du conseil d’établissement, Vania Aguiar, interpelle maintenant le premier ministre Philippe Couillard.

«On ne se sent pas appuyés et c’est révoltant. On a vu passer récemment trois ministres. J’ai parlé avec l’équipe du nouveau ministre, M. Proulx, mais on n’a pas vraiment eu de nouvelles», déplore-t-elle.

Le besoin est selon elle plus qu’urgent. «C’est la bataille des parents et de la direction depuis cinq ans. Les élèves devraient être une priorité, surtout parce que c’est une clientèle vulnérable. Quelque chose doit être fait», martèle Mme Aguiar.

En attendant la nouvelle construction, une solution devra être mise en place pour absorber l’augmentation de la clientèle qui l’a poussée à répartir dans trois annexes, en plus de roulottes temporaires.

«Nous allons devoir étudier plusieurs scénarios différents», prévient la directrice, Catherine Lachaîne.

Dans moins de deux ans, l’établissement prévoit l’arrivée d’une trentaine d’élèves atteints du trouble du spectre de l’autisme, un nombre équivalent à cinq groupes pour Irénée-Lussier.

«C’est impossible. Absolument tous nos locaux sont utilisés de manière optimale», affirme la directrice.

Les élèves dînent dans le gymnase, et le moindre bureau est utilisé, soit pour des intervenants ou des salles d’isolement capitonnées, dont ont besoin chaque jour des élèves avec une déficience intellectuelle.

Financement
Le premier projet de construction d’une école neuve se voulait être un projet «de rêve», avec piscine et salles de jeux, grands locaux, chiffré à 90 M$.

Dans une nouvelle demande formulée il y a un an, l’école a réduit son budget à  48 M$, laissant de côté toutes les demandes spéciales qui auraient pu accélérer le développement de ces adolescents.

Depuis, rien n’a bougé à l’école, si ce n’est que de la rénovation des salles de bain et de quelques locaux.

Mais le dossier avance bien entre la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et le ministère, assure la commissaire scolaire de Hochelaga-Maisonneuve, Diane Beaudet.

«Ça fait partie des dossiers prioritaires de la CSDM. On a une équipe administrative à Québec et à la CSDM pour faire le faire avancer parce qu’on est conscient que la clientèle attend et que ça urge», explique Mme Beaudet, qui suit de près les démarches de l’école.

Au ministère de l’éducation, on affirme que l’école pourrait recevoir une réponse au printemps, au moment où seront annoncés les projets retenus pour un financement dans le cadre du Plan québécois des infrastructures 2016-2026.

École mal-adaptée
En plus du manque d’espace, le bâtiment est loin d’être suffisamment adapté à la clientèle de l’école.

«Ce bâtiment est une barrière à leur développement», affirme sans détour Mme Lachaîne.

Un élève autiste par exemple, ne peut se déplacer seul dans l’école, tant elle est dessinée comme un labyrinthe et parsemée de cages d’escaliers mal adaptées. L’école ne compte aucun ascenseur.

Au deuxième étage, un corridor aux murs de marbre sépare les salles de classe d’une salle d’isolement où doivent souvent être emmenés des élèves en crise.

L’école compte 220 élèves. Ils sont répartis sur la rue Hochelaga, à l’école Jeanne-Mance dans le Plateau – Mont-Royal et à l’école Le Caron dans Tétreaultville.

 

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