Montréal-Nord
15:54 6 janvier 2020 | mise à jour le: 6 janvier 2020 à 15:54 temps de lecture: 3 minutes

Montréal-Nord confie l’entretien des patinoires au privé: les cols bleus dénoncent

Montréal-Nord confie l’entretien des patinoires au privé: les cols bleus dénoncent
Photo: Archives Métro MédiaLes arénas n'ont pas accueilli de hockeyeurs depuis le début de la pandémie.

En raison du manque de personnel municipal, Montréal-Nord s’est tourné vers le privé pour l’entretien de ses patinoires réfrigérées, au grand dam des cols bleus qui prévoient déposer un grief. Une solution qui coûtera moins cher que les services qu’offrait la municipalité, soutient l’arrondissement sans dévoiler les chiffres.

Auparavant, ces tâches d’entretien «complexes» étaient effectuées par les employés de la Ville de Montréal. Elles requièrent des techniciens frigoristes et mécaniciens de machines fixes.

Cependant, la division de la Ville responsable avait décidé de ne plus fournir ces services à l’arrondissement en 2019.

À l’arrondissement, on informe que cette décision est due au «manque de personnel».

La patinoire Bleu Blanc Bouge et les arénas Rolland, Garon et Fleury sont entretenus par un sous-traitant depuis juin 2019.

L’entreprise Navada a été mandatée pour effectuer ces tâches pendant deux ans à partir de janvier 2020, en vertu d’un contrat de 150 000$ octroyé par l’administration locale.

Un prétexte, selon le syndicat

Pour Montréal-Nord, cette solution serait en réalité moins dispendieuse qu’auparavant. Les montants que facturait la Ville de Montréal étaient plus onéreux que ce que coûte le privé, indique-t-on. «Les citoyens sont gagnants», a déclaré l’arrondissement dans un courriel.

Les contrats de sous-traitance pour remplacer les cols bleus sont de plus en plus fréquents, dénonce cependant le Syndicat des Cols bleus regroupés de Montréal (SCFP). «C’est vraiment un problème à Montréal, pense Stéphane Meloche, tuteur au SCFP. Encore une fois, le Syndicat va faire un grief là-dessus et on va se battre de retrouver nos jobs».

Meloche dément les arguments du manque de personnel et d’économies de l’arrondissement, les qualifiant «d’excuses» pour ne pas engager de cols bleus. «Ce sont toujours les mêmes propos de l’employeur, dit-il. On dit qu’on manque de personnel parce qu’on en a mis trop dehors sans le remplacer».

En négociations avec la Ville pour sa prochaine convention collective, le SCFP a d’ailleurs lancé en novembre une campagne de valorisation du travail de ses employés dans laquelle il soutient que «ce sont les cols bleus qui offrent la meilleure qualité de services au meilleur coût» et que «leur travail réalisé à l’interne, sans sous-traitance, offre la meilleure protection contre la collusion».

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