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Montréal-Nord imposera des amendes pour refus de recycler

Montréal-Nord est l’endroit où la population recycle le moins dans la métropole. Cette situation préoccupe l’administration qui s’apprête à serrer la vis aux contrevenants en imposant des amendes.

« Les citoyens doivent comprendre que c’est obligatoire de recycler, insiste le maire. Ça doit devenir un réflexe. »

Avec son taux de récupération de 46 %, Montréal-Nord est encore loin de l’objectif de 70 % fixé pour 2017 par la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles du ministère de l’Environnement.

« Bien que la Loi sur la qualité de l’environnement précise que les municipalités doivent favoriser la mise en œuvre de cette politique dans le cadre de leurs interventions, celles-ci n’ont pas d’obligation de résultat en lien avec les objectifs intermédiaires du Plan d’action », explique Audrée Lamothe-Cloutier du ministère de l’Environnement.

Malgré tout, Montréal-Nord craint de se faire imposer des amendes si elle n’atteint pas ses objectifs.

« Nous allons nous faire facturer au tonnage pour les déchets supplémentaires », explique Alain Legault, directeur général par intérim de l’arrondissement.

Le maire s’oppose vigoureusement à cette possibilité.

« Ce n’est pas une option, affirme M. Deguire. Nous avons autre chose à faire avec l’argent des citoyens que de la mettre dans les poubelles. Ces fonds doivent aller pour la réfection de nos parcs, nos infrastructures, notre centre aquatique, etc. »

Les contrevenants paieront

Pour éviter de refiler la facture à l’ensemble de la population, le maire compte mettre en application un règlement adopté par son prédécesseur qui prévoit des amendes pour les contrevenants.

Dès 2015, ceux qui mettront des matières recyclables dans les poubelles ou l’inverse s’exposeront à des peines de 100 $ à 1000 $ pour une première offense et le double pour les récidivistes.

« Ce n’est pas de cette façon dont je voudrais procéder, mais nous avons peut-être été trop fins avec les gens, estime M. Deguire. Peut-être que certains ont besoin d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête pour faire ce qu’ils doivent faire. Quand on met la main dans la poche des gens, d’habitude ça fonctionne. »

Ces mesures coercitives ont d’ailleurs déjà montré leur efficacité après l’adoption d’un tel règlement par l’ancienne ville de Montréal, en 1999. Dès l’année suivante, le taux de récupération avait augmenté de 36 %, selon les données de Recyc-Québec. Plusieurs citoyens rencontrés par le journal sont en faveur de telles dispositions.

« Je crois que la Ville devrait donner un premier avertissement pour les gens qui ne savent pas. Ensuite, on pourrait leur donner des contraventions parce que ce sont des gens qui ne seront jamais conscientisés », croit la citoyenne Maria Morales.

Abolir la deuxième collecte

Devant la mauvaise performance de l’arrondissement, l’administration Deguire a également entamé une réflexion quant à l’abolition de la deuxième collecte hebdomadaire des ordures ménagères. Montréal-Nord est d’ailleurs l’un des deux seuls arrondissements où cette pratique est toujours en vigueur.

Le conseil devra prendre une décision d’ici l’été prochain afin de lancer les appels d’offres. Malgré cela, le changement ne sera pas effectif avant la fin du contrat de service pour la collecte des ordures, en novembre 2015.

Le maire Deguire estime que ces mesures conjuguées à d’autres campagnes de sensibilisation permettront à Montréal-Nord de remonter la pente.

Le maire note d’ailleurs que ses concitoyens ont fait d’énormes progrès en peu de temps.

Les chiffres fournis par l’arrondissement semblent d’ailleurs lui donner raison. Il n’aura fallu que six ans à l’arrondissement pour atteindre un taux de récupération de 46 % alors que l’ensemble de l’Île a dépassé ce taux en 2007, soit 15 ans après l’implantation de la première collecte.

Les espaces publics

De son côté, Marie-Ève Chaume, responsable des matières résiduelles au Conseil régional de l’environnement, croit que l’un des obstacles à la récupération est le manque d’outils à la portée des citoyens.

« Il devrait y avoir des poubelles de tri sélectif dans tous les espaces publics, notamment les parcs, les hôpitaux ou sur les grands axes. Par exemple, l’autre matin en attendant l’autobus, j’ai été obligé de jeter mon gobelet de café aux ordures, car je n’avais pas d’endroit à proximité où le recycler et pourtant je me trouvais sur une grande artère », explique-t-elle.

Ce qu’ils ont dit…

« La plupart des voisins font du recyclage, mais il y en a qui n’en font pas du tout. »

– Claude Morency, résident

« Je trouve qu’avec toutes les campagnes que la Ville a faites, les gens devraient maintenant être éduqués. Je sais ce qui doit être mis dans un bac ou non. Il faut trouver une façon pour que les gens récupèrent parce que c’est important pour l’environnement. »

– Maria Franco, résidente

« On voit souvent les campagnes de sensibilisation de la Ville. Ils font un travail efficace.  Il faudrait que la Ville impose une amende pour forcer les gens à récupérer. »

– Jean Morency, résident

 

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