Reprendre le contrôle avec Halte-Femmes
Les comportements violents chez les femmes et le manque de ressources s’adressant à celles-ci ont donné naissance au projet-pilote de l’organisme féministe, Relais-femmes. « Il s’agit pour elles de reconnaître leur comportement et ensuite de comprendre pourquoi elles adoptent cette conduite pour régler leurs frustrations », explique Mme Charbonneau.
Mais d’abord, le centre de jour a dû trouver des moyens pour les rejoindre. Des affiches ont donc été installées dans les salles de bain pour permettre aux membres de se renseigner discrètement sur ce nouveau service. Au total, cinq femmes ont joint le groupe d’entraide. L’intervenante attitrée les suivra durant douze semaines et les outillera avec des stratégies non violentes pour communiquer leurs besoins et leurs émotions. Comme toute chose, toutefois, désapprendre une habitude représente un défi considérable.
En plus de faire ces apprentissages, les femmes ont d’abord dû avouer qu’elles perdent le contrôle. « Ce peut être très humiliant pour elles d’avouer à cet « échec » », remarque Mme Charbonneau. Le simple fait de se retrouver en groupe vient les aider à réaliser qu’elles ne sont pas seules à porter en elles le deuil de la famille parfaite.
Il est encore difficile de voir si les stratégies apprises au sein de groupe sont appliquées au quotidien, surtout une fois les rencontres terminées. Mais l’intervenante croit qu’elle observera une progression au cours des 12 semaines.
Retrouver le contrôle
Les femmes aux comportements violents demeurent toutefois une exception. Selon Mme Charbonneau, dans 90 % des cas, les femmes sont plutôt victimes de violence. C’est avec elles que la majorité du travail d’Halte-Femmes se fait. « On est là pour les accompagner dans leurs démarches. On ne les fait pas pour elles, précise la coordonnatrice de l’organisme. Ça peut être très déstabilisant pour elles de retrouver le contrôle sur leur vie. »
Très souvent, ces femmes sont isolées et dépendantes de leur mari. En venant à Halte-Femmes, elles trouvent d’autres femmes qui croient en elles et en leur potentiel.
« On a des femmes qui sont arrivées ici vraiment à terre et maintenant, elles siègent sur notre conseil d’administration », partage Mme Charbonneau. Ce type de victoire revient en grande partie à la femme. « Quand elle nomme son besoin, nous lui demandons ce qu’elle peut faire pour y répondre », mentionne-t-elle. Les démarches sont faites avec la femme pour qu’elle retrouve son autonomie. »