Montréal-Nord

L’Espace de diffusion culturelle : une formule qui fonctionne

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Tranquillement, l’Espace de diffusion culturelle (EDC) des Artistes en arts visuels du Nord de Montréal (AAVNM) se fait connaître. Les citoyens de l’arrondissement s’y pointent curieux de savoir s’il s’agit d’un petit musée. Ils découvrent plutôt un local qui se transforme de temps à autre pour accueillir les œuvres d’artistes multidisciplinaires. Pour souligner la semaine d’action contre le racisme, l’EDC a invité deux Latino-Américains à participer à une exposition et, en même temps, à participer à l’évolution d’un quartier.

En ouvrant l’EDC, Sergio Gutiérrez, directeur de l’AAVNM, s’est donné l’objectif de faire rayonner les évènements culturels de Montréal-Nord. Il croit y parvenir, notamment, en invitant des artistes d’ailleurs à exposer leur art dans le local de la rue Fleury. Il veut ainsi leur lancer le message que la culture s’est taillée une place dans l’arrondissement.

Du 19 au 26 mars, deux participants de l’évènement LatinArte, une vitrine pour les créateurs latino-américains, ont accroché leurs tableaux aux murs de l’EDC. Julian Palma Duque et Gonzalo Vilches-Cabrera ont ainsi eu l’occasion de faire découvrir leur culture aux résidents de l’arrondissement.

« Ce n’est pas de l’art qui est accessible, averti M. Gutiérrez. Mais on voulait qu’il le soit. Leur travail est tellement personnel; on demandait aux gens de démontrer une certaine ouverture afin de comprendre leur expression artistique. »

Les liens que l’EDC a créés avec LatinArte, le Chilien d’origine espère les cultiver longtemps et en développer de similaires avec d’autres organismes qui œuvrent dans le même milieu.

Certes, il demande aux gens de faire preuve d’ouverture, mais M. Gutiérrez fait également sa part. Il a, entre autres, permis à Julian Palma Duque de peinturer sur les murs et les vitres de l’EDC. Bien que les murs seront sûrement repeints, il espère que les couleurs dans les vitres deviennent la signature de l’espace.

« C’est la première fois que je vois une expression de l’art comme ça, admet le directeur de l’AAVNM en parlant du travail de Julian Palma Duque. Tout part d’une ligne, c’est complètement spontané. »

Apprivoiser le lieu

L’EDC attire de plus en plus de gens. « Ils rentrent, nous demandent ce que c’est et pourquoi on s’est installé ici », explique M. Gutiérrez. Si le choix s’est arrêté sur Montréal-Nord, c’est pour changer l’ambiance du quartier, convient-il.

Pour que l’espace devienne de plus en plus achalandé, il multiplie les contacts avec les gens de l’arrondissement et souhaite, par exemple, conclure une entente avec les responsables du prochain local jeunesse dans l’ouest pour offrir des ateliers artistiques. « C’est ainsi que le goût de la culture se transmet, quand quelqu’un de passionné leur fait découvrir. »

M. Gutiérrez est également convaincu que l’EDC est un projet qui va grandir. « Je suis impressionné de voir comment la culture commence à prendre place à Montréal-Nord, remarque-t-il. Les gens apprivoisent notre espace. Ils nous posent des questions et on est ici pour leur répondre. »

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