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Mener autrement se retrouve au cœur d’un autre conflit

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
À l’automne, la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CPSI) a refusé l’accès du gymnase de l’école Jules-Verne à l’organisme de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, Mener Autrement. Soixante-dix jeunes ont alors perdu leur espace pour se dégourdir les jambes. Les parents réclament maintenant que le gymnase de l’école Lester B. Pearson soit mis à la disposition de leurs enfants les samedis après-midis. Le hic? Le club de soccer de Montréal-Nord est maître des lieux au même moment.

Une pétition de 252 signatures de parents à été déposée à l’arrondissement, il y a quelques semaines. Ils demandent à ce que leurs jeunes puissent reprendre l’activité de soccer donnée par Mener Autrement au gymnase de Lester B. Pearson.

Le gymnase de l’école Jules-Verne était le lieu désigné pour cette activité, mais Oscar Elimby, directeur de l’organisme, le jugeait trop petit et les installations non sécuritaires. Pourtant, la CSPÎ a vérifié la sécurité des équipements et de l’endroit et tout répondait aux normes. Pour ce qui est de la capacité maximale, les normes du code du bâtiment estiment que le gymnase peut accueillir 1800 personnes. « On comprend qu’il faut plus d’espace pour faire de l’activité physique », avance Christiane Saint-Onge, responsable des communications à la CSPÎ. Pourtant, il aurait dû être en mesure d’accommoder les 70 jeunes de Mener Autrement. Ce qui s’est plutôt produit est une série de conflits entre M. Elimby et les gestionnaires du gymnase. « Il laissait déborder les enfants à des endroits inappropriés, il y avait un manque de surveillance à l’égard des participants », énumère-t-elle. La CSPÎ a donc demandé à l’arrondissement de trouver un autre espace pour accueillir le groupe de Mener Autrement. « Je suis un peu coincé, avoue Claudel Toussaint, directeur de la culture, du sports, des loisirs et du développement social. Le service des ressources matérielles de la CSPÎ me dit « Si je ne veux pas de l’organisme à Jules Verne, je n’en veux pas ailleurs ». »

En novembre, M. Toussaint leur a proposé l’accès au gymnase du cégep Marie-Victorin, mais l’entente ne serait que temporaire. Pour plusieurs parents, cette option n’était pas viable. « Les gens n’ont pas les moyens de se déplacer jusqu’au cégep », explique Fathi Mohammed, représentant des parents.

Le 17 décembre, le contrat de location prenait fin. Depuis ce temps, Mener Autrement a cessé d’offrir des activités sportives aux jeunes, par manque d’un espace désigné. Actuellement, l’utilisation du gymnase de Lester B. Pearson est accordée au club de soccer de Montréal-Nord. « Mes enfants ne bougent pas assez, se plaint M. Mohammed. Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir accès à un terrain couvert comme tout le monde? »

Outre le conflit d’horaire, le problème réside dans le fait que l’arrondissement ne considère pas Mener autrement comme un club sportif, mais un organisme qui offre des activités de loisir. Les samedis matins, Oscar Elimby tient une session d’aide aux devoirs au chalet du parc Le Carignan. Selon M. Toussaint, l’activité sportive qui se déroule en après-midi est une récompense pour les efforts que les jeunes ont investis dans l’activité du matin. « Le problème est que l’aide aux devoirs est associée aux activités sportives, résume-t-il. On gère les gymnases en tant que locataire. Je n’ai pas accès aux locaux des écoles, seulement aux installations sportives. » De son côté, M. Mohammed affirme que les activités sont dissociables puisque ses enfants ne participent qu’à l’une d’elles.

M. Toussaint n’a pas de solution pour régler le problème de ce « client difficile ». Il soutient également que les jeunes de Mener Autrement prennent part aux autres activités sportives proposées par d’autres organismes. En tant que locataire des installations sportives de l’arrondissement, M. Toussaint suggère à l’organisme de faire des représentations auprès de la CSPÎ.

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