Éducation
14:42 25 août 2020 | mise à jour le: 26 août 2020 à 21:33 temps de lecture: 4 minutes

Les méthodes d’enseignement transformées par la pandémie

Les méthodes d’enseignement transformées par la pandémie
Photo: 123RFLes élèves de Montréal n’ont pas revu leur classe depuis le mois de mars.

Si les enseignants du primaire et secondaire doivent réorganiser leur local pour répondre au contexte actuel, les mesures sanitaires pourraient aussi venir influencer leurs interactions avec les élèves. Des méthodes d’enseignement devront être revues à cause de la pandémie, mais l’adaptation se fera au fil des semaines, une fois certains flous dissipés et les précautions mises en place.

Les enseignants devront faire le deuil de certaines pratiques qui permettent des contacts individuels à moins de deux mètres, souligne la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’ouest de Montréal (SEOM). «Parfois, ça nous évite des interventions verbales. On peut mettre une main sur l’épaule et ça ramène l’élève au calme, à la tâche», mentionne Mélanie Hubert.

Habitués de circuler entre les pupitres pour dynamiser leurs cours, les enseignants pourraient aussi devoir limiter leurs déplacements, ajoute-t-elle.

Afin d’aider réellement les élèves et exercer leur travail presque normalement, l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal demande à Québec d’imposer aussi le port du masque en classe chez les élèves du troisième cycle et du secondaire, notamment lorsqu’ils doivent poser une question.

«Même avec la plus grande imagination, il y a certaines choses qu’on ne peut plus faire si on respecte le 2 mètres avec les élèves. Toutes interventions avec un élève en difficulté, par exemple, se font à proximité. Souvent, on doit faire des dessins, des schémas, pointer avec notre doigt», résume la présidente, Catherine Beauvais-Saint-Pierre.

La Santé publique exige le couvre-visage seulement lors des déplacements dans les aires communes et dans les transports scolaires. Québec exige du personnel de garder une distance de deux mètres avec les élèves du primaire et secondaire, mais de porter un masque lorsque c’est impossible.

Le port du couvre-visage chez les professionnels de l’éducation amènera une nouvelle façon d’interagir. «Il y a des enseignants du préscolaire qui me disent qu’ils vont devoir passer leur message par les yeux, indique Mélanie Hubert. Souvent, le sourire ou nos mimiques faciales en disent beaucoup sur les interactions qu’on est en train d’avoir avec la personne.»

Jusqu’à maintenant, une trentaine d’enseignants du Centre de service scolaire Marguerite-Bourgeoys seront exemptés de travailler en classe pour des raisons de santé, selon le SEOM.

Matériel

La manipulation d’objets communs en classe comme des livres, des jouets ou du matériel d’art apporte son lot de questionnements, notamment au sujet de la désinfection. «C’est la zone grise, expose Mme Beauvais-Saint-Pierre. On n’a eu aucune information alors qu’au printemps, il y avait une consigne claire comme quoi aucun matériel ne devait se passer. Ça va venir jouer dans la façon de fonctionner.»

Dans le plan de la rentrée, le ministère de l’Éducation aborde le nettoyage des surfaces et des fontaines d’eau, mais rien sur le matériel.

«Les profs vont devoir repenser tout ce qui nécessite l’utilisation de matériel que les enfants touchent ou se prêtent. Est-ce qu’on va avoir des quantités suffisantes pour que l’élève manipule toujours son propre matériel ou on va devoir revoir notre pédagogie pour faire en sorte que moins d’élèves touchent à moins de matériel dans la journée?», se questionne Mme Hubert.

«Pour toute l’année, chaque fois qu’il va arriver de nouvelles activités ou de nouvelles choses, le prof va devoir s’arrêter deux minutes et se demander; ‘‘dans le contexte sanitaire actuel, est-ce encore possible de faire ça comme ça et qu’est-ce que je peux faire autrement pour me protéger et limiter les risques pour le groupe?’’» Mélanie Hubert, présidente du SEOM

Les activités pédagogiques entre différentes classes, les travaux en sous-groupe ou le parrainage entre élèves plus jeunes et plus vieux risquent d’être aussi impossibles puisqu’ils vont nécessiter des contacts rapprochés.

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