Les villes et arrondissements encore frileux du web
Alors que l’année 2013 est à nos portes, les villes et arrondissements de l’Ouest-de-l’Île tardent à s’adapter aux nouvelles technologies. Pratiquement absent des médias sociaux, les villes sont aussi réfractaires à diffuser des séances du conseil sur le web.
Le 12 décembre 2011, la Ville de L’Île-Perrot, située dans la banlieue ouest de Montréal, a répondu pour la première fois aux questions de ces citoyens via un web populi diffusé en direct. L’interaction virtuelle s’est répétée le 3 décembre alors que les élus ont répondu à une quarantaine de questions durant deux heures.
«C’est une question de transparence pour montrer qu’on n’a rien à cacher. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas le temps de venir à nos séances du conseil. De cette manière-là, ils sont dans le confort de leur foyer», soutient le maire Marc Roy. L’an dernier, une quarantaine d’internautes ont suivi le web populi et cette année, l’événement a attiré 144 citoyens.
«La première année, les élus étaient un peu inquiets en raison de la saisie d’images diffusées en direct. Ils étaient un peu intimidés et avaient des appréhensions face aux médias sociaux», explique le directeur général, André Morin.
Les citoyens qui ont posé des questions sur divers sujet ont adoré l’expérience. Au final, l’exercice a coûté entre 10 000$ et 12 000$, incluant, entre autres, l’embauche d’une animatrice, le montage de la tribune et le coût pour la régie technique.
Dans la région, aucune ville ne veut répéter l’expérience de L’Île-Perrot. Le maire de l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Richard Bélanger, a tout au plus soutenu que le sujet sera discuté au caucus de janvier. Toutefois, a-t-il prévenu, il n’y a pas de budget à cet effet en 2013.
Des séances du conseil sur le web
Les arrondissements du Plateau–Mont-Royal, Rosemont–La-Petite-Patrie et Verdun diffusent déjà leurs réunions du conseil sur le web. Dès le début janvier, l’arrondissement du Sud-Ouest s’ajoutera à la liste, alors que l’arrondissement Mercier–Hochelaga–Maisonneuve est en réflexion. La Ville de Montréal a pour sa part diffusé sa première séance publique du comité exécutif le 5 décembre au coût de 8000$.
À savoir si l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro compte embarquer dans l’aventure, la mairesse Monique Worth est catégorique: «Il n’en est pas question!» Selon elle, il n’y a pas de demande des citoyens pour que les séances du conseil soient télédiffusées sur l’internet.
Même réaction du côté des villes de l’Ouest-de-l’Île alors qu’aucune ne compte s’engager dans l’aventure. Les villes ont répondu à l’unisson qu’il était possible de joindre les élus autrement.
Médias sociaux, «quosse ça donne»?
L’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro a un compte Twitter depuis novembre 2011 qui diffuse régulièrement des annonces en français et en anglais. Cependant, l’arrondissement n’a pas de compte Facebook, YouTube ou Flickr. Il y a donc diffusion sans nécessairement y avoir d’interaction avec les internautes.
Selon le chargé de communication Bassam Chaarani, Pierrefonds-Roxboro n’a pas les ressources nécessaires pour avoir une présence accrue sur les médias sociaux.
La situation est pire à L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève et dans le reste de l’Ouest-de-l’Île alors qu’aucune ville n’est présente sur les médias sociaux. Une situation que compte améliorer le directeur général de la Ville de Pointe-Claire, Nicolas Bouchard. «On va redéployer un nouveau site web cet hiver qui va inclure une page Facebook et un compte Twitter. La Ville souhaite définitivement accroitre sa présence sur les médias sociaux», assure M. Bouchard.
Même s’il est complètement absent des médias sociaux, le maire de Sainte-Anne-de-Bellevue, Francis Deroo soutient que sa ville a néanmoins lancé des infolettres pour ces citoyens.
Du côté de la Ville de Montréal, seulement huit des 19 arrondissements détiennent un compte Facebook et/ou Twitter. «Nous favorisons une utilisation pertinente des médias sociaux en définissant les stratégies, avec l’aide à la structure et à la formation, et en accompagnant les intervenants. À titre d’exemple, nous faisons des démarches avec des bibliothèques, des maisons de la culture et des arrondissements», soutient le porte-parole de la Ville de Montréal, Gonzalo Nunez.
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