Ouest-de-l'Île
12:29 17 mars 2015 | mise à jour le: 19 mars 2015 à 09:45 temps de lecture: 3 minutes

L’Île-Bizard sanctionne des employés pour des frais de déplacements fictifs

L’Île-Bizard sanctionne des employés pour des frais de déplacements fictifs
Photo: TC Media / Keith McAuliffe

Après avoir mis fin au mandat du directeur des Travaux publics de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève dans le dossier de primes accordées pour des déplacements fictifs, le maire de l’arrondissement impose des sanctions aux trois contremaîtres identifiés par le contrôleur général de la Ville de Montréal.

Marcel Bélanger, Louis Fradette et Jacques Rodrigue recevaient de la part de l’arrondissement une allocation pour frais de déplacements fictifs qu’ils se soient déplacés ou non, et ce jusqu’en décembre 2014.

Pour avoir bénéficié de ce «stratagème», ils seront suspendus pour une journée sans salaire. Toujours à l’emploi, les trois contremaîtres devront également rembourser l’équivalent d’une année de l’allocation auto, soit 1850$ chacun.

L’arrondissement récupérera ainsi 5550$ des près de 16 000$ payés pour des déplacements fictifs sur une période de près de quatre ans.

Cette méthode avait été mise en place en 2011 à la suite du retrait des camionnettes qui étaient alors fournies aux contremaîtres lors de leurs journées de garde. Pour l’utilisation de leur voiture personnelle, les contremaîtres ont déclaré des déplacements totalisant 28 821 kilomètres ce qui correspond à une rémunération additionnelle de 15 640$ au total pour les trois employés.

Pratique inacceptable selon le maire
Tout en reconnaissant que la pratique avait été élaborée par l’ancienne administration de L’Île-Bizard, et non par les contremaîtres eux-mêmes, le maire actuel, Normand Marinacci, estime que les employés ont leur part de responsabilité. Il juge donc que le remboursement d’une seule année d’allocation auto est suffisant.

«J’avais le devoir [d’imposer] des sanctions. Les contremaîtres avaient une responsabilité. Ils ont signé des demandes pour réclamer des frais qu’ils n’ont pas faits. C’était inacceptable à mes yeux», argumente M. Marinacci.

«On veut continuer à travailler avec eux. Pour moi, c’est un chapitre qui est terminé, j’ai l’intention de fermer ce dossier et de regarder vers l’avenir», conclut-il.

À la dernière séance du conseil d’arrondissement, le conseiller de l’opposition, Éric Dugas, s’est indigné des mesures disciplinaires annoncées.

«Vous châtiez ces gens-là. C’est ce que vous faites. Ce sont des employés qui travaillent pour les citoyens. C’est incompréhensible de leur dire « ce que vous avez fait c’est de la fraude, on va vous suspendre et en plus réclamer une année de ces allocations », alors qu’ils n’ont fait qu’appliquer la directive», a clamé M. Dugas.

Agir de bonne foi
Le contrôleur général, Alain Bond, a révélé la pratique, mais n’a pas été aussi loin que de recommander l’imposition de sanctions aux employés. Il précise que cette forme d’allocation auto a été instaurée «au su de l’administration et des élus pour compenser les conditions de travail des contremaîtres jugées différentes et désavantageuses par rapport au même type d’emploi ailleurs à la Ville.

Dans le document, M. Bond précise qu’il croit que les responsables ont agi de bonne foi, mais n’ont pas choisi la «bonne approche», car celle-ci «viole les encadrements en vigueur». Il demande donc à l’arrondissement de mettre fin au «stratagème» et de trouver une alternative.

Au moment de la publication, il a été impossible de parler aux contremaîtres concernés.

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