Ouest-de-l’Île
16:35 3 février 2016 | mise à jour le: 3 février 2016 à 16:38 Temps de lecture: 3 minutes

Alzheimer: les services d’aide sous-utilisés par les francophones dans l’Ouest-de-l’Île

Alzheimer: les services d’aide sous-utilisés par les francophones dans l’Ouest-de-l’Île
Photo: François Lemieux/TC Media

Avec la création de trois nouveaux points de service et le lancement de multiples activités de soutien, les services de la Société Alzheimer de Montréal se développent dans l’Ouest-de-l’Île depuis un an. Mais ils sont encore sous-utilisés selon l’organisme, surtout par les francophones.

«À Beaconsfield, on a une participation énorme pour les groupes en anglais. On a parfois des groupes jusqu’à 60 personnes. À Pierrefonds, en français, on a des groupes de cinq à 10 personnes, déplore la conseillère, réseau-conseil – ouest de Montréal, Liliana Ponce de Leon. Il y a un manque de connaissance de nos services. On essaie d’informer nos partenaires».

Sur le territoire du Centre Intégré Universitaire de Santé et Services Sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île, la société offre un centre d’activités et de répit à Lachine, un service de répit à domicile, des groupes de soutien et information en français à Dollard-des-Ormeaux ainsi qu’en anglais à Pointe-Claire.

Un café-rencontre Alzheimer est offert en français à Pierrefonds et un en anglais à Beaconsfield, alors que la société donne aussi des consultations à domicile et des conférences ponctuelles.

Comme un coup de poing
«Se faire dire que sa femme a l’Alzheimer, ça frappe comme un coup de poing entre les deux yeux», raconte Guy Lacoste, un bénévole ayant agi en tant que proche aidant (auprès de sa femme) pendant neuf ans.

«Elle avait 59 ans. On avait décidé qu’à l’âge de 60 ans, on prenait notre retraite et qu’on allait partir pour l’Europe trois mois pour aller jouer sur tous les terrains de golf imaginables. Finalement, ils ont commencé de lui donner des médicaments et le médecin lui a dit qu’elle ne pouvait pas partir. Ça a été très difficile pour elle d’accepter ça», évoque M. Lacoste.

Sa femme étant maintenant en centre d’hébergement, M. Lacoste continue de la visiter tous les jours.

«Elle est dans sa bulle et ne réagit plus. Quelqu’un m’a demandé il y a quelques mois pourquoi je continue de la visiter même si elle ne me reconnaît pas. J’ai répondu que moi, je la reconnais», assure-t-il.

Importance des activités
M. Lacoste encourage les proches aidants à chercher de l’aide, surtout au début de la maladie. Il vante particulièrement le groupe de soutien et d’information hebdomadaire d’une durée de huit semaines.

«On y renseigne le proche aidant sur la maladie, son évolution, comment gérer une personne atteinte, comment discuter avec la personne et sur tous les aspects légaux et financiers, raconte-t-il. Si je n’avais pas suivi ce groupe, je n’aurais pas pu être proche aidant pendant neuf ans auprès de ma femme à la maison».

M. Lacoste considère aussi les services de répit comme très importants.

«Il faut que le proche aidant puisse ventiler. Ces gens-là, s’ils restent seuls, n’ont pas de support. C’est 35% des proches aidants au Canada qui vont faire un burnout ou une dépression selon l’Agence de la santé publique du Canada», avance-t-il.

Environ 747 000 personnes seraient atteintes d’Alzheimer au pays, dont 135 000 au Québec et 33 000 sur l’Île de Montréal. Pour en apprendre plus sur les services offerts par la Société Alzheimer de Montréal, visitez le http://www.alzheimer.ca/montreal.

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