Coups de cœur outremontais
Le monde de l’édition connait chaque année une réelle effervescence dans les semaines qui précèdent ce grand rendez-vous littéraire entre écrivain et lecteur qu’est le Salon du livre. Regardons l’offre outremontaise…
Poésie : «Repères du silence», de Germaine Beaulieu
Quel sens peut-on donner à l’existence lorsque les ancrages s’effacent et que demain s’éveille sous une pierre tombale? La mort d’un être cher fait basculer le réel vers des zones rarement accessibles.
Repères du silence convie à un voyage introspectif à travers un questionnement allant de la perte d’affaires à sa propre survie.
Poète, romancière et photographe, Germaine Beaulieu s’installe à Montréal dès 1966. Au cours des dernières années, elle a publié 15 livres ainsi que de nombreux articles dans diverses revues littéraires. Elle est psychologue en pratique privée depuis plusieurs années.
(L’Hexagone, 120 pages)
Essai : «L’autre modernité», de Simon Nadeau
Dans ce premier essai, Simon Nadeau questionne le passage à la modernité de la littérature et de la société québécoise en revenant aux œuvres aujourd’hui délaissées, peu ou pas du tout étudiées, de quelques écrivains solitaires qui, dans l’ombre de la révolution tranquille, osaient mener une affirmation du soi plus que du sol, tâchant d’être quelqu’un avant de servir à quelque chose. «Car la modernité n’est pas toujours là où l’on s’attend à la trouver», avance l’auteur.
Né en 1982, Simon Nadeau a étudié les lettres françaises et canadiennes à l’Université McGill. Il a publié ces articles dans les revues culturelles Contre-jour, Liberté et Mouvance. Il travaille à la bibliothèque Robert Bourassa. L’autre modernité est son premier livre.
(Boréal, 240 pages)
Roman historique : «Pain noir, pain blanc», de Micheline Bail
Alphonse Dumais vient de mourir. Eugénie sa veuve, se retrouvent soutien de famille. Mais les ressources sont maigres; c’est la crise économique surtout dans le quartier Saint-Roch à Québec. Comment faire pour nourrir ses huit bouches ? Le froid vicaire Saint-Hilaire à une solution : la plus âgée Estella, travaillera et les autres iront à l’orphelinat. Ainsi s’amorce la bataille d’Eugénie, qui n’aura de cesse de les ramener sous son toit.
La saga en trois époques de Pain noir, pain blanc fait le récit du combat de ses héroïnes du temps passé, nos mères et nos grands-mères qui ont avancé silencieusement sans perdre la foi en des lendemains meilleurs.
Micheline Bail est titulaire d’un diplôme en histoire. Issue du réseau de la santé et des services sociaux, elle se consacre maintenant à l’écriture et offre des récits ciselés aux personnages attachants. Elle est l’auteur de L’esclave et de la série historique Frontenac.
(Libre Expression, 344 pages)
Beaux livres : «Dix journées qui ont fait le Québec»
Comment un pays se construit-il ? Dans la durée, mais aussi dans des moments d’accélération, des articulations de l’histoire qui tiennent parfois une date fatidique.
Abondamment illustré, 10 journées qui ont fait le Québec est un voyage dans l’aventure québécoise, de la fondation de Québec au deuxième référendum sur la souveraineté; de la grande paix de Montréal au droit de vote des femmes; du traité de Paris à l’émeute de Québec.
Ce beau livre fait découvrir quatre siècles d’histoire en dix escales avec, sous la direction de Pierre Graveline, Jacques Lacoursière, Jean-Claude Germain, Denis Delâge, Denis Vaugeois, Gilles Laporte, Eugénie Brouillet, Béatrice Richard, Marie Lavigne, Éric Bédard et Mathieu Bock-Côté.
(VLB, 264 pages)
Roman biographique : «La Flûte de Rafi», d’André Vanasse
La trame du roman repose sur la vie des Juifs en Europe au 17e siècle, rendue difficile, entre autres, par l’Inquisition espagnole. Le personnage au centre de cette histoire, Pawelł Szojchet, dont le nom deviendra Vanasse au fil du récit, a 18 ans quand débute le récit de ses aventures qui mèneront sa famille de la Pologne natale à Trois-Rivières, espérant y trouver un havre de paix qui convienne mieux à leurs aspirations.
La feuille de route d’André Vanasse est remarquable. Professeur de littérature à l’UQÀM et directeur littéraire, il a été récemment accueilli dans les rangs de l’Académie des lettres du Québec. Il est toujours à la barre de la revue Lettres québécoises. La Flûte de Rafi marque son retour à l’écriture.
(XYZ, 320 pages)
Roman graphique… et auditif : «Ludwig», de Christian Quesnel
Fasciné par le grand compositeur et sa surdité, l’artiste en bande dessinée Christian Quesnel a mis en images des pans de la vie de Beethoven en s’inspirant de la Lettre à l’immortelle Bien-aimée que le musicien avait écrite à l’été 1812, tandis que l’allegro du Concerto pour piano no 5 sert de structure au récit graphique.
Cette pièce musicale, interprétée par la pianiste Marie-Charline Foccroulle et l’Orchestre symphonique de Gatineau dirigé par Yves Léveillé, est intégrée au livre grâce à un code QR ou une adresse Internet. Bref, Ludwig est en quelque sorte une BD symphonique qui propose une expérience multisensorielle où chacun vivra sa propre aventure visuelle et auditive, simultanément en parcourant les pages minutées au rythme de l’œuvre.
(Art Global, 160 pages)
Mémoires : «Prendre acte», d’Andrée Yanacopoulo
«Légèreté est le mot d’ordre. Le temps, bientôt, se sera enfui. Mais de tristesse, mais de regrets, mais de morosité, point… Écrire ses mémoires, c’est lire sa vie à l’envers, c’est lui donner un sens autre que celui du présent vécu, un sens peut-être plus vrai parce qu’appréhendé à l’intérieur d’un tout.»
Médecin, écrivaine, traductrice et sociologue, Andrée Yanacopoulo a écrit Signé Hubert Aquin, enquête sur le suicide d’un écrivain (1985) dont elle fut la compagne. Elle signe ici ses mémoires. Ces pages, plus que des souvenirs, témoignent du destin d’une femme libre qui a parcouru un XXe siècle bouillonnant et qui continue aujourd’hui de s’émerveiller et de s’indigner. Prendre acte permet de découvrir une femme libre, inspirante et touchante.
(Boréal, 240 pages)
Guide : «Recevoir et être reçu», de Lucie Létourneau
Un guide de l’étiquette pour les apprentis. Dans ce premier ouvrage, Lucie Létourneau met les codes de l’étiquette, du savoir-vivre et du savoir-faire à la portée de tous, d’une façon humoristiquement illustrée par Fabio Pellegrino.
Le livre condense en de courtes règles les normes de bienséance contemporaine quand on reçoit des invités. Recevoir et Être Reçu regroupe les règles de base pour devenir l’hôte ou l’invité idéal.
Femme engagée, auteur de deux autres livres, Lucie Létourneau a occupé plusieurs postes qui lui ont permis de constater l’inconfort inqualifiable que vivent certains individus quant au savoir-vivre et au savoir-faire. Ce guide répondra aux questions courantes que se posent les jeunes et les moins jeunes d’ici, concernant l’Art de la table, en toute simplicité.
(LaLucia, 84 pages)