Les pastels de Michèle
Seule pastelliste à Mont-Royal reconnue comme signataire de la Société des Pastels de l’Est du Canada, Michèle Turnier est psychologue de profession. «Je m’y suis mis tardivement, mais j’ai toujours eu un intérêt pour les arts visuels et j’ai découvert le pastel au hasard d’une exposition.»
«J’ai profité d’un assouplissement de mes horaires pour reprendre le dessin, mais j’en ai eu marre du noir et blanc et je voulais de la couleur, or le pastel permet d’infinies possibilités en couleurs.»
«Le fusain et le bâton de pastel offrent un contact direct avec le support et selon sa trame, sa texture, les effets seront totalement différents. On peut le travailler sec ou mouillé, ce qui donne un rendu différent. En fait, on travaille avec des pigments pur, des poudre de couleurs…»
«Le pastel est un peu le mal-aimé des arts visuels», poursuit Michèle Turnier. «C’est pourtant un médium de base des arts visuels. Mais la pérennité des œuvres était souvent le nœud du problème pour les artistes. Il faut savoir que le papier autrefois était problématique en raison de sa teneur en acide qui délitait les pigments.»
«Les artistes boudent cette technique parce qu’ils pensent encore qu’elle n’est pas durable. Mais je pense aussi qu’ils sont intimidés par le médium. En peinture, l’artiste peut préparer la teinte qu’il recherche sur la palette», précise la pastelliste monteroise.
«Au pastel, ce mélange se fait sur le papier par la superposition des couleurs et leur transparence entre elles. Certains pastellistes vont parfois jusqu’à une dizaine de couleurs pour atteindre le ton juste. On observe toutefois de plus en plus d’intérêt pour cette technique d’art avec des œuvres qui vont de l’hyperréalisme à l’abstrait…»