Retrouver l'harmonie
« Monsieur Lacerte n’a pas besoin de fermer son blogue, mais il faudrait commencer par dire la vérité», avance Alex Werzberger. « Pourquoi s’en prend-il aux juifs orthodoxes et seulement à eux ? C’est en tout cas le sentiment qu’il donne quand on le lit. Il y a 12 ans déjà, cinq ou six ans avant d’ouvrir son blogue, il écrivait déjà dans Le Devoir (27 juillet 2001) à notre encontre. Le blogue a pris le relais, souvent à propos de règlements, avec cette même approche irrespectueuse. »
« Il s’attaque trop facilement aux personnes parce que je milite pour mon organisme et les intérêts de ma communauté comme le ferait n’importe quel représentant associatif », poursuit le président de la COHO qui admet faire du lobbying et du réseautage dans l’intérêt de son association et de sa communauté. « Il n’y a rien là, c’est très normal, l’association m’a donné un pouvoir moral à la tête de la COHO. Avec M. Lacerte, on dirait que ce qu’on fait est toujours négatif », déplore M. Werzberger.
Caricatures et photomontages
« Sur son blogue, on voit souvent des photomontages qui faussent la réalité, comme cette photo de moi dans une école où je n’avais pas mis les pieds. Il dit que ce sont des caricatures, mais il fait des amalgames un peu rapides », pense Alex Werzberger. « Son blogue est un véhicule pour batailler. C’est dommage, parce que ses commentaires, ses images deviennent peu à peu des attaques personnelles en non-stop. »
« Entre Saint-Viateur et Fairmount, il n’y a que deux synagogues sur Hutchison, l’une rassemble une trentaine de fidèles et l’autre 25; et pas quatre synagogues comme cela a été faussement dit. »
« Il avance que j’ai menti par omission, c’est de la mauvaise foi. Et pourquoi mettre dans le blogue une photo de ma voiture mal stationnée ? J’ai eu un ticket, comme tout le monde, et je l’ai payé. Je vis à Outremont depuis 60 ans, et à part ce ticket, je n’ai jamais dérogé à la loi », insiste-t-il en ajoutant : « Et même si j’étais un criminel, j’aurais droit à un minimum de discrétion et de respect ! Pourquoi stigmatiser notre façon de vivre. Quand je suis arrivé, c’était la paix, la tranquillité, et depuis c’est la guerre, les chicanes, avec quelques personnes seulement… »
Une communauté de 7000 membres
La communauté juive d’Outremont représente 7000 membres. Malgré quelques différences de »chapelles », c’est une communauté tissée serrée qui se soutient, se coordonne, et entretient ses réseaux et sa vie collective. Ses fêtes religieuses en assurent la dynamique.
« Il y a de nombreuses années, nous avons négocié une dérogation pour le stationnement avec les représentants de l’arrondissement d’Outremont, en l’occurrence le maire Jérôme Unterberg, et le conseil municipal d’Outremont à l’époque », rappelle Alex Werzberger. Ce n’était pas un »deal » au sens français et négatif du terme, mais bien une négociation officielle. »
« Il s’agissait de trouver un arrangement pour nos périodes de fêtes religieuses soit entre 7 et 9 jours par an. C’est beaucoup moins de jours fériés religieux que vous, les catholiques, rappelle-t-il. Vous bénéficiez de journées sans paiement de stationnement pendant ces jours fériés, nous demandions le même privilège lors de nos fêtes afin de pouvoir respecter nos pratiques religieuses qui limitent par exemple nos déplacements. À l’est dans le Plateau, et à l’ouest dans Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, c’est permis », précise M. Werzberger.
À propos de certains irritants
Le président de la COHO revient sur le dossier du camion d’alcool venu de l’Ontario. « Il n’y a pas assez de variété, de choix ici à la SAQ, alors que la LCBO (équivalent ontarien de la SAQ) dispose des vins qu’on utilise pour nos rites. N’avons-nous pas le droit de faire une commande groupée pour économiser ? », questionne Alex Werzberger qui admet qu’un vide juridique existe entre les deux provinces quant aux achats groupés.
Au sujet des autobus intercités, Alex Werzberger apporte sa version. « Un autobus arrête cinq à dix minutes pour faire descendre ou monter des gens, il ne reste pas là des heures, comme on veut le faire croire. En général, il s’arrête au coin de Bernard et Hutchison, qui n’est pas dans l’arrondissement d’Outremont, et au coin de Wilderton et Jean-Talon, près de la station Canora. C’est une compagnie privée Tov Travel qui organise ces voyages. Ils font deux passages, un à l’aller et l’autre au retour. »
« Il y a plusieurs autres compagnies d’autobus qui traversent Outremont et prennent des voyageurs et la plupart ne sont pas liées aux activités de la communauté hassidique. Comme ce sont des autobus charter, ce sont les compagnies qui décident des jours et des heures de départ, de passages et de retour. »
Vivre en « bons catholiques »
« J’ai dix enfants. L’une est orthophoniste, deux sont professeurs de français; deux autres travaillent en informatique. Notre système d’éducation est efficace. Il y a peu d’hassidim sur le Bien-être social ou l’aide au chômage. Nous avons un autre style de vie, sans crime, ni bruit, sauf pour certaines fêtes où les jeunes débordent parfois… comme beaucoup de jeunes ailleurs, non ? »
« Outremont est un quartier tranquille où nous vivons en »bons catholiques », sourit-il en clin d’œil. Nous avons beaucoup d’enfants et la vie familiale est une chose importante pour les hassidim. En raison de cela, nous ne cherchons pas à frauder les lois, ni à chercher le trouble, mais nous souhaitons vivre selon nos préceptes religieux dans le calme, comme le font les communautés italienne, grecque, hindoue, etc. »