La barrière tarifaire
Le thème de ce premier débat? La participation citoyenne et de la jeunesse. Après un Printemps Érable décoiffant et en ces temps où l’intérêt des Montréalais pour la démocratie municipale est catastrophique (à peine 39 % des électeurs sont allés voter en 2009!), le sujet est particulièrement brûlant d’actualité.
Il me semble toutefois qu’il y ait un hic. Le spectacle de vendredi sera ouvert au grand public… pourvu que le bon peuple soit prêt à débourser 10 $ ! Quand on sait que les nombreux scandales de corruption font tout sauf dissiper le cynisme et le dégoût des citoyens.
Quand on constate qu’il faut redoubler d’ardeur pour susciter leur intérêt à la vie publique, la contribution obligatoire (on est loin du don électoral!) m’apparaît contre-productive. Compte tenu du thème qui sera débattu, cela est même paradoxal.
Aucun des candidats ne l’a déploré
Les experts nous disent que le débat public est monopolisé par des élites, des intérêts économiques, des associations disposant de moyens de communication et de lobbying. Ils soutiennent même que les citoyens moins nantis sont moins enclins à participer à la vie politique et que, par conséquent, ils n’ont pas l’opportunité de faire valoir leurs intérêts.
Ce droit d’entrée ne contribue certainement pas à rééquilibrer ce rapport de force inégalitaire. Demandez donc à la jeunesse estudiantine ce qu’elle en pense.
À mon étonnement, aucun des candidats à la mairie n’a déploré cette barrière tarifaire imposée à qui désirerait les entendre débattre des conditions de succès de la participation citoyenne et des moyens pour la favoriser. Dans ces conditions, l’évènement ne se méritera pas le Prix du maire de Montréal en démocratie. Dommage.
Pierre Lacerte
Candidat indépendant, district Claude-Ryan, Outremont