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Le torchon brûle

Joanny-Furtin Michel - TC Media
Lors de la période de questions des citoyens de la dernière séance du conseil d’arrondissement le 2 avril, il fut beaucoup question de la crémation des pains qui n’a pas été sans heurts cette année. Plusieurs citoyens sont venus s’en plaindre.

Rite hassidique annuel, la crémation des pains s’est faite malgré les avis verbaux et officiels au coin de Champagneur et Ducharme alors que les services de l’arrondissement avaient proposé un autre site au coin de Durocher et Beaubien dans le secteur Atlantic.

Selon l’historique dressé par la mairesse Marie Cinq-Mars lors de sa réponse aux citoyens, «cette cérémonie importante de la communauté hassidique qu’est la crémation des pains se faisait jadis autour d’un feu en arrière d’une résidence privée. Un des maires précédents d’Outremont a décidé pour des questions de sécurité de prêter un terrain pour cette activité dans la cour des travaux publics.»

«Selon le contentieux de la Ville, cette pratique coutumière ne constitue pas une pratique excessive, et offrir un espace à la communauté hassidique répond aux obligations de l’arrondissement en ce qui concerne les accommodements raisonnables.»

«Malheureusement, il y a eu lors d’événements précédents des débordements. Des emballages de plastique ont brûlé avec les pains provoquant une fumée âcre et extrêmement désagréable pour les voisins immédiats du site. L’arrondissement a donc décidé de ne plus prêter la cour de voirie.»

«Un autre espace avait été trouvé à l’angle de Champagneur et Ducharme. À l’époque, les immeubles voisins n’étaient pas encore finis et la cérémonie a pu se tenir sans trop de heurts en 2011 et 2012. »

«Mais en 2013 , en raison de la proximité des nouveaux édifices construits depuis, l’Arrondissement a demandé que cette cérémonie se fasse ailleurs en proposant un espace au coin de Beaubien et Durocher dans le quartier Atlantic, un peu plus haut que le site des années précédentes. Des pourparlers ont alors été entrepris auprès de la communauté hassidique pour définir une entente dans ce sens.»

La limite des accomodements

Plusieurs citoyens ont relevé le fait que le site initialement prévu dans le quartier Atlantic n’était pas accessible le dimanche en fin d’après-midi et ne permettait pas aux organisateurs hassidim de préparer l’espace pour cette cérémonie de crémation.

«Les portes étaient cadenassées et prises dans la neige. Dès lors les représentants hassidim ont donc commencé à mettre en place des installations pour la crémation des pains sur l’ancien site qui, par contre, était parfaitement accessible dès le dimanche en fin d’après-midi», affirment des observateurs.

Or, le lundi 25 mars au matin, dès 9h, tout le monde était là : les pompiers du SIM (Service Incendie de Montréal) et la SPO (Sécurité publique d’Outremont), ainsi que des représentants de l’arrondissement, sur les lieux qui n’avaient pas été autorisés. Les services de l’arrondissement d’Outremont auraient été mis devant le fait accompli.

«Les accommodements raisonnables s’arrêtent là où commencent ceux des autres», a lancé un citoyen. «Ils viennent jeter le pain et s’en vont. Le feu, lui, brûle pendant des heures et nous supportons la fumée tout ce temps. Des femmes enceintes, des enfants ont été incommodés. Malgré les mesures du SIM, ce n’était pas tenable.»

(À suivre…)

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