À Mont-Royal, dans la foulée de la Commission Charbonneau, comment votre parti et vous voyez la lutte à la corruption ?
Pierre Arcand, Parti Libéral du Québec
La lutte à la corruption dans l’industrie de la construction est un de nos objectifs majeurs. Jamais un gouvernement n’en a fait autant pour aller au fond des choses et nos actions en témoignent.
En deux ans, nous avons adopté plus de dix lois pour lutter contre la corruption. On peut citer entre autres, les règles d’octroi de contrats municipaux qui ont été revues, la lutte contre la criminalité dans l’industrie de la construction qui a été renforcée et les règles de financement des partis politiques qui ont été réformées.
Nous avons également posé des gestes concrets, notamment la mise sur pied de la Commission Charbonneau sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction. Celle-ci s’ajoute à la mise en place de l’escouade Marteau et le lancement de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qui ont mené à des opérations policières d’envergures et qui ont démontré que nul n’était au-dessus des lois.
Nous ne comptons pas nous arrêter là. Les modes utilisés par les criminels sont en constante évolution et il est de notre devoir de demeurer vigilants, responsables et d’agir. C’est pourquoi le chef du Parti libéral du Québec et premier ministre, Jean Charest, s’est engagé il y a quelques jours, qu’un nouveau gouvernement libéral présentera, dès la rentrée parlementaire, un projet de loi visant à bloquer automatiquement l’accès aux contrats publics aux entrepreneurs en construction, dès que ceux-ci feront l’objet d’une accusation pour infraction criminelle grave ou pour fraude.
André Normandeau, Parti Québécois
Compte tenu que, de par ma profession de criminologue, j’ai un intérêt professionnel majeur pour lutter contre la corruption, je vous dis ceci:
1. Il aura fallu deux ans avant que Jean Charest et le gouvernement libéral déclenche une enquête publique sur la corruption dans l’industrie de la construction. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Y avait-il et y a-t-il encore anguille sous roche ?
2. La corruption a coûté plus de 5 milliards par année aux Québécois. Heureusement que nous avons maintenant la Commission Charbonneau !
3. En conséquence, le Parti Québécois s’engage à appliquer intégralement les recommandations de la Commission Charbonneau, sans faux fuyants.
4. Pour ma part, si nous formons le prochain gouvernement, je suis convaincu que nous pourrons « faire le ménage » au niveau de la corruption économique (contrôle serré des travaux des entreprises privées qui contractent avec le gouvernement) « et » la corruption politique (contrôle serré des caisses et des dépenses électorales des partis politiques, « avant », « pendant » et « après » chaque élection).
5. Pour atteindre ces objectifs, je suis persuadé que notre gouvernement pourra compter sur l’appui actif des autres partis politiques, en particulier de la Coalition Avenir Québec (CAQ), dont l’un des porte-parole est l’ex-policier de Montréal, Jacques Duchesneau. Je connais professionnellement « et » personnellement Jacques Duchesneau.
Nous pourrons former un front uni pour démasquer la corruption, corriger la situation, mettre au point des contrôles positifs et efficaces des contrats gouvernementaux et… redonner ainsi aux Québécois la « fierté » de leur gouvernement.
6. «Sans peur et sans reproche», disait un héros célèbre. Nettoyons donc le Québec ! Ça commence dès le 4 septembre. Aux urnes, citoyens de Mont-Royal !
Stefan Stanczykowski, Coalition Avenir Québec
La Coalition Avenir Québec estime qu’une cause profonde du désengagement des Québécois envers la politique est liée au manque d’imputabilité, de transparence et, dans certains cas, d’éthique, qui caractérise trop souvent la gestion des fonds publics au Québec. Un gouvernement responsable doit savoir baliser son action par une série de règles qui en garantissent l’intégrité. Or ce principe général a été mis à mal au Québec.
Un grand ménage s’impose ! Pour l’effectuer et mettre en place les conditions du retour à la confiance, la Coalition entend faire du respect de l’intégrité de la vie publique une valeur primordiale du gouvernement et de l’ensemble de l’administration publique, de qui les citoyens attendent une rigueur, une transparence et une honnêteté irréprochables.
Un gouvernement de la Coalition donnera également suite aux éventuelles recommandations de la Commission Charbonneau et le vice-premier ministre Duchesneau aura la responsabilité explicite de rétablir l’intégrité au sein de l’appareil public. Nul doute que n’ayant jamais eu les mains liées, un nouveau parti comme la Coalition Avenir Québec, est le parti le mieux placé pour faire le ménage tant espéré par les contribuables.
Marc-André Beauchamp, Québec Solidaire
Québec Solidaire prône une totale transparence des élu(e)s de l’Assemblée nationale et de toutes les instances représentatives gouvernementales. C’est pourquoi il instaurera une série de mesures visant à assurer le respect des lois.
Premièrement, il faut s’attaquer au financement des partis politiques qui doit être public. On diminue les dons individuels autorisés et on hausse la contribution publique. C’est le seul moyen d’avoir une totale indépendance puisque les partis auront été financés majoritairement par les fonds publics.
De plus, nous exigerons plus d’information sur les donateurs (leurs employeurs entre autres) afin de s’assurer qu’on ne contourne pas la loi électorale. Nous augmenterons les ressources du DGE (Directeur général des élections) afin qu’il puisse mener à bien ses enquêtes et faire respecter la loi.
Ensuite, nous nous engageons à appliquer les recommandations de la Commission Charbonneau et nous instaurerons une commission d’enquête publique sur l’octroi des contrats publics et le financement des partis politiques dans les secteurs qui ne sont pas couverts par celle-ci, essentiellement les contrats octroyés par Hydro-Québec, les secteurs de l’informatique et des services professionnels.
Enfin, il faut limiter le pouvoir de l’État et favoriser la participation citoyenne. La population sera appelée en permanence à débattre et à décider des enjeux qui la concernent et ce, à tous les niveaux : de l’entreprise à l’État, du quartier à la région. Nous instaurerons également une assemblée publique par année obligatoire. Si tout le monde a son mot à dire, les tractations en coulisse deviennent beaucoup plus difficiles, voire impossible !
Ken McMurray, Parti Vert du Québec
À la racine du problème de la corruption est l’idée erronée que nous devons continuellement construire de nouvelles maisons et autoroutes qui ont finalement créé l’étalement urbain, et que quelqu’un doit construire ces infrastructures et les entretenir.
Pour ce dernier point, cela signifie l’embauche de toute une panoplie d’entreprises. Il faut donc que l’on adopte une législation anti-trust pour les entreprises qui ont beaucoup trop bénéficié au détriment des contribuables.
Cette façon de faire des affaires a également abouti à l’épuisement de nos espaces verts sur l’Île de Montréal, ainsi que la disparition de beaucoup de terres cultivables nécessaires et des espaces verts hors de l’île. En bref, cette façon de faire des affaires n’est pas seulement incorrecte, c’est aussi mauvais pour l’environnement.