Montréal
16:50 12 décembre 2019 | mise à jour le: 12 décembre 2019 à 17:17

Possible triple meurtre à Pointe-aux-Trembles: la communauté sous le choc

Possible triple meurtre à Pointe-aux-Trembles: la communauté sous le choc
Photo: Elena Broch/Metro MediaDevant la maison, des peluches et des fleurs ont été déposées par des passants et des voisins.

Dans le quartier résidentiel de la place des Pointeliers, des peluches et des fleurs ont remplacé les rubans orange délimitant les scènes de crime. Au numéro 466, trois corps, dont deux d’enfants, ont été découverts sans vie. La thèse du triple meurtre semblant être privilégiée.

Au lendemain du drame qui a coûté la vie à deux enfants et leur maman à Pointe-aux-Trembles, toute la communauté s’est réveillée sous le choc. Le 11 décembre, les corps inanimés de Dahia Khellaf et de ses deux fils de 2 et 4 ans ont été retrouvés par le SPVM. Les policiers s’étaient rendus sur place pour annoncer le décès du père, Nabil Yssaad, 46 ans.

Aux abords de ce quartier en apparence paisible, des peluches et des fleurs ont été déposées par des passants et des voisins. Parmi eux, il y a Ilyass Oudadsse, habitant la maison collée à celle des victimes. Encore sonné par ce qu’il s’est déroulé juste à côté de chez lui, il témoigne: «On n’aurait jamais pensé que ça se passerait comme ça.»

«J’ai bien vu qu’il avait le contrôle sur elle»

En parlant du père de famille, Ilyass Oudadsse décrit une personne distante, voire insultante. «On est une communauté arabe, c’est sûr qu’on a des liens plus tissés dans notre culture, quand il est arrivé [dans le quartier], il ne disait pas bonjour, il avait des problèmes mentaux, ça se voyait. Il a même insulté mon père et un voisin», se souvient-il. «Ce sont des petites choses comme ça qui, au fil du temps, nous ont fait commencer à douter de lui, mais jamais on aurait pensé qu’il fasse ça.»

Le père des deux enfants, dont la résidence était à Saint-Léonard selon des documents de la Cour, avait été accusé en août 2018 de voies de faits et d’agression armée. Il avait été acquitté le 4 décembre, mais s’était engagé à ne pas troubler la paix publique et de ne pas avoir en sa possession des armes à feu. Il a été retrouvé mort par défenestration au centre hospitalier de Joliette. Une source proche du dossier avance que l’homme aurait pu avoir des connaissances dans cette ville située à 60 km de Montréal.

Au Centre des femmes Montréal-Est/Pointe-aux-Trembles, qui oriente notamment les femmes victimes de violences conjugales, l’émotion est aussi palpable suite au possible triple meurtre. La directrice, Dorette Mékemdjio, n’a pas réussi à dormir. «Est-ce qu’on aurait pu faire quelque chose ? On voit qu’il faut faire plus de sensibilisation. Il est aussi difficile de rejoindre les femmes issues de l’immigration [Dahia Khellaf et Nabil Yssaad étaient originaires d’Algérie], chez qui les violences conjugales sont encore plus taboues. C’est notre défi», explique-t-elle.

Elle ajoute: «Cette femme était venue nous voir ici, avec le père, mais pas dans le cadre de violences conjugales, pour savoir s’il était possible que notre service garde ses enfants grâce à la halte-répit. Elle pensait que c’était un service de garde comme le CPE. J’ai bien vu qu’il avait le contrôle sur elle, c’est lui qui parlait.»

Les enfants de 2 et 4 ans, fréquentaient vraisemblablement le CPE Les Petits lutins. L’organisme allait célébrer la fête de Noël, le jour-même du décès des petits.

Au centre Roussin, les mines sont aussi fatiguées: «J’ai mal dormi cette nuit», avoue aussi une citoyenne, mère et grand-mère. «On ne fait pas cela à des enfants !»

Même si les services de police ne le confirment pas, tout porte à croire à un triple meurtre, suivi d’un suicide. Des techniciens en identification étaient présents sur place pour faire la lumière sur ce drame.

Ce vendredi 13 décembre, à 17h, une vigie est organisée par la communauté en mémoire de Dahia Khellaf et ses enfants, sur la place des Pointeliers.

À Pointe-aux-Trembles, le Centre des femmes permet de faire le lien entre les femmes et les ressources pouvant les aider en cas de violences conjugales, comme la police, les centres d’hébergement et SOS Violences conjugales.

Si vous êtes victime de violences conjugales, contactez le 911 ou SOS Violences conjugales au 1 800 363-9010.

 

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