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Après «Gentil pour un Noir», Raccoon plonge dans ses racines

Shamyr Daléus-Louis, alias Raccoon
Shamyr Daléus-Louis, alias Raccoon Photo: Anouk Lebel / Métro

Après nous avoir confrontés à nos préjugés inconscients avec l’album Gentil pour un Noir, le rappeur Raccoon prépare un nouvel album où il replonge dans sa jeunesse dans le hood de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord.

Si Shamyr Daléus-Louis a choisi «Raccoon» – raton, en anglais – comme nom d’artiste, ce n’est pas parce qu’il fait partie de la faune du nord-est de Montréal, mais parce que ses longues nuits d’écriture lui ont souvent laissé des cernes sous les yeux.

«Au secondaire, j’arrivais le matin et on me disait que j’avais l’air d’un raton laveur. Ça part de là», lance l’artiste de 25 ans, taquin.

«Gentil pour un Noir», il se l’est fait dire, enfant. Lors de chicanes avec d’autres jeunes, il s’est aussi fait dire de «retourner dans son pays». Une forme subtile de racisme qu’il a voulu explorer dans son premier grand projet, l’album Gentil pour un Noir, paru en 2019.

Un retour dans le hood

Ces temps-ci, l’artiste connu pour sa participation à La fin des faibles planche sur un deuxième album, qui paraîtra dans quelques mois.

«Ce sera un album plus intime, beaucoup plus rapproché de mes racines. […] C’est plus autour de ce que moi je représente pour ma communauté, qui revient dans le hood avec tout un bagage de connaissances», confie-t-il.

Ce hood, ce sont les HLM de la 40e Avenue et de la rue Forsyth, à Pointe-aux-Trembles. Mais aussi autour de chez son père, à Rivière-des-Prairies, et de chez sa grand-mère, dans le nord-est de Montréal-Nord.

Dans ces HLM où vivent plusieurs familles des communautés noires et haïtiennes, le jeune Raccoon a grandi entouré de musique et de littérature, développant une passion pour les mots. Il ne se reconnaissait pas toujours dans la faune de l’endroit. Des amis sont tombés dans des «trucs illégaux». Lui a fait d’autres choix.

Redonner à la communauté

Depuis plusieurs années, Raccoon donne des ateliers d’écriture aux plus jeunes, pour leur transmettre la poésie et le choix des mots – la partie du rap qu’il aime le plus.

«Ces jeunes-là, ils grandissent eux aussi dans des HLM, ce sont des produits de leur environnement. Ils n’ont pas toujours l’encadrement que moi j’ai eu. Je me vois en eux. Je connais leur réalité», dit-il.

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