Raphaël raconte sa descente aux enfers
C’est à l’âge de 14 ans que sa consommation débute, d’abord avec du cannabis, ensuite de l’alcool. « J’ai aussi fait un peu de cocaïne. J’ai fait du speed et de l’ecstasy, avoue-t-il candidement. Dans le fond, peu importe ce qu’on m’aurait donné pour fuir… pour me geler… je l’aurais pris. »
Son passage au centre Le Grand Chemin lui a permis de comprendre pourquoi il avait débuté cette consommation.
« Je n’avais pas vraiment confiance en moi, confie-t-il. On dirait que mes parents m’avaient tellement donné d’attention, que rendu à l’école, tsé, j’en n’avais plus. Je suis allé chercher ce que mes parents me donnaient dans les yeux des autres. »
Il a commencé à fréquenter une bande de drogués, qui lui paraissait cool. « Finalement, ce n’est pas si cool que ça. On porte des masques. Mais ce n’est pas vrai. Ce n’est pas ça. »
Raphaël a entrepris une première thérapie, qu’il a quittée après cinq semaines. À cet âge-là, on se croit invincible. Malheureusement, il a rechuté et a compris qu’il devait revenir au Centre.
« J’ai fait quelque temps en centre jeunesse, explique-t-il. Je savais que j’en avais besoin, mais… Ça ne me tentait pas. Ça ne pouvait plus continuer, tsé. J’suis arrivé avec de la bonne volonté. Les jeunes qui viennent en thérapie, s’ils veulent s’aider, ils vont s’aider, tsé. Tu ne peux pas venir en thérapie et nier que t’as un problème. Tu dois le faire pour toi, on ne te poussera pas pour venir ici. »
Après avoir complété son cheminement, il revient au centre pour du ressourcement, car la vie à l’extérieur peut parfois être accablante. Il veut s’en sortir et prend toute l’aide qu’il peut avoir.
« Si je ne m’en sors pas, c’est parce que je n’en aurai pas eu la volonté. Car tout est là pour m’aider. Oui, j’ai fait des rechutes… J’ai changé beaucoup, quand même. Je m’exprime mieux. Au lieu d’attaquer les autres, je suis calme et je vais dire comment je perçois les choses. Je rabaissais les autres, car je n’avais pas d’estime. »
Lorsqu’on lui demande ce dont il est fier, Raphaël hésite et prend un long moment de réflexion. « Je suis fier d’être en cinquième secondaire, finit-il par dire. Aussi, d’avoir une bonne famille et d’être bon dans les sports. »
Le combat n’est pas terminé pour Raphaël. Mais il est entouré de personnes, dont Annie Marcotte, coordonnatrice par intérim du Centre, qui ont confiance en lui.
« Il a parcouru un grand chemin. C’est un jeune qui a réalisé bien des choses sur sa dépendance », commente-t-elle.