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Près de 3000 opposants à la fusion des PDQ

« Pour nous, le poste de quartier 45 n’est pas juste une bâtisse à Rivière-des-Prairies; c’est le SPVM chez nous et avec nous » est le message que quelque 250 personnes ont lancé aux dirigeants de la Ville lors d’un rassemblement organisé par la coalition Sauvons le PDQ-45, vendredi dernier.

Au cours d’une assemblée qui a duré plus de deux heures au centre récréatif de Rivière-des-Prairies , les citoyens ont pu questionner des officiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et des élus sur la fusion possible des postes de quartier (PDQ) 45 et 49.

L’opposition était vive parmi les participants qui ont remis quatre pétitions, totalisant 2798 signatures, recueillies au cours de la semaine précédente.

Une décision définitive

Tant la présidente de la commission de la sécurité publique, Anie Samson, que les gradés du SPVM ont félicité la population de s’être rassemblée pour sauver le PDQ. Ils ont également tous enchaîné en expliquant que la fusion irait de l’avant de toute façon.

« Ce que vous avez fait ce soir est de dire que vous aimez votre police et que vous voulez la garder. C’est tout à votre honneur. […] La rencontre de ce soir nous a permis de comprendre vos préoccupations que nous allons prendre en compte lors de la fusion », a assuré Mme Samson.

La fusion des commandements, prévue dès le 15 octobre, qu’avait annoncée le directeur adjoint Pierre Cadieux en entrevue à l’Informateur semble toutefois avoir été repoussée. En entrevue, Mme Samson a affirmé que celle-ci ne sera pas effective avant le 1er janvier.

Pour les dirigeants, la consultation publique organisée par la Coalition était prématurée. Ils ont assuré à la population qu’ils avaient l’intention de les convoquer, un peu plus tard dans le processus.

Opposition marquée

Pour les opposants à la fusion, la disparition du PDQ rime avec un retour au climat d’insécurité qui a perduré dans le quartier jusqu’au milieu des années 2000 (voir autre texte).

Plusieurs citoyens se sont montrés inquiets quant à une augmentation des temps de réponse. Les officiers ont alors expliqué que les policiers sont rarement aux postes puisqu’ils patrouillent constamment dans le territoire.

Un citoyen a alors demandé au SPVM de démontrer, chiffres à l’appui, des exemples réussis de fusion. Les gradés ne s’étaient toutefois pas préparés à cette question.

« Tout le monde est d’accord pour dire que la construction du PDQ a été très positive pour RDP. Je sais que c’est très long pour bâtir quelque chose, alors qu’on peut tout détruire très rapidement. Nous avons déjà vécu sans PDQ et nous savons que ce n’est pas ce que nous voulons », a indiqué Sandro Pelloquin, un résident du quartier.

D’autres citoyens ont argumenté que la présence de patrouilleur n’est pas suffisante et que le PDQ lui-même joue un rôle dans le quartier. Le citoyen Rocco Balgueri a d’ailleurs exposé cette position en faisant un parallèle avec son travail de directeur d’école.

« J’ai remarqué que l’école fonctionnait beaucoup mieux et était plus calme quand je me promène et que je suis visible », a-t-il raconté.

Certains font aussi valoir que les quartiers de Pointe-aux-Trembles et RDP sont différents et qu’ils doivent donc être desservis par des PDQ différents.

« Le mot clé dans la vision de Jacques Duchesneau était “proximité”. Ce soir, nous avons une dizaine de communautés culturelles qui sont toutes réunies pour la même cause. Ces gens n’ont pas les mêmes besoins que les gens de Pointe-aux-Trembles. C’est peut-être la même structure municipale, mais ce n’est pas le même quartier. Ce n’est pas comme fusionner des PDQ à Montréal-Nord ou à Saint-Léonard », a expliqué le citoyen Joe Tore, un ancien étudiant en technique policière.

Police de quartier sans PDQ

La question de la proximité a d’ailleurs été au cœur des discussions. Dans son introduction, Pierreson Vaval d’Équipe RDP a fait l’éloge du travail accompli par les policiers du quartier.

« RDP est cité comme un exemple en termes de relation entre les policiers et la communauté. Les citoyens se sont approprié leur poste de quartier », a-t-il déclaré.

Les officiers du SPVM se sont alors montrés rassurants : la police de quartier est là pour rester, mais il n’en va pas ainsi du PDQ.

« L’approche citoyenne est importante pour nous et on y croit toujours. Nous avons fait de grands pas au niveau de l’approche citoyenne, de la résolution de problèmes et de la responsabilité géographique », a souligné Hélène Charron, directeur adjoint au SPVM, reprenant les concepts clés qui avaient mené à la création des PDQ à la fin des années 1990.

Avec cette fusion, le SPVM estime pouvoir aller encore plus loin dans ces orientations. La fusion et l’abolition d’un commandement permettraient d’offrir une masse critique de policiers dans le but d’améliorer les plans de patrouille afin que les agents soient encore plus visibles dans les rues.

La formation de modules d’intervention par projet permettrait par ailleurs de travailler sur des problèmes spécifiques aux quartiers et d’assurer une présence sur les tables de concertation, comme c’est actuellement le cas à Rivière-des-Prairies.

Une question d’argent

Malgré toutes les discussions autour de l’efficacité, le sujet des économies d’échelle engendrées par l’éventuelle fusion des PDQ est inévitablement venue à l’ordre du jour.

« En tant que policiers, notre mission est d’assurer un milieu de vie paisible et sécuritaire. En tant que dirigeant du service de police, on doit aussi s’assurer d’utiliser les sommes qui nous sont allouées de façon efficace. Il y a un plan quinquennal que nous devons respecter, mais si on prévoyait que la situation du quartier allait se dégrader, on ne fusionnerait pas les PDQ », a expliqué Philippe Pichet, ancien commandant du PDQ 45.

Pour plusieurs, l’enjeu économique est le véritable nerf de la guerre. Supportés par la foule, certains citoyens ont d’ailleurs clamé à l’injustice.

« On vient d’augmenter nos [impôts fonciers] de 5,3 % et c’est la plus grosse hausse à Montréal. Mais, on va couper dans nos services. Ce n’est pas juste! », s’est emporté le citoyen Antonio Da Delta.

Tout au long de la rencontre, les esprits se sont graduellement échauffés, mais le président de l’assemblée est parvenu à contenir la foule.

Des résidents ont toutefois exprimé leur mécontentement à la suite des réponses reçues par les dirigeants.

Contrairement à ce que les dirigeants de la Ville ont affirmé, des citoyens ont dit craindre que cette fusion soit un premier pas vers des coupes de services dans l’arrondissement.

La coalition Sauvons le PDQ-45 à maintenant sa page Facebook au http://on.fb.me/1upMjYw. La prochaine mobilisation se tiendra le 7 octobre, lors de la séance du conseil d’arrondissement.

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