Soutenez

Enfants victimes de négligence : la voix silencieuse du Québec

Une nouvelle association pour la protection des enfants voit le jour à Pointe-aux-Trembles. Sylvie Brien, écrivaine jeunesse reconnue dans le milieu littéraire sera à la tête de ce mouvement formé par huit citoyens de l’Est de Montréal et baptisé Enfant-intact.

« Les peines imposées dans l’affaire Sidimé et dans l’affaire Turcotte m’ont profondément choquée et dégoûtée, explique Mme Brien. Les animaux de compagnie sont mieux protégés que nos enfants, il est temps que ça change. »

Rappelons que dans l’affaire Sidimé, un père qui avait tué sa fille de 13 ans en la giflant au visage avait été condamné à une sentence de 60 jours de prison à purger de façon discontinue.

Le père qui avait été formellement accusé d’homicide involontaire n’avait pas d’antécédents judiciaires, ne souffrait pas de déviance, avait exprimé des remords et ne nécessitait pas de thérapie.

« Quel est le message qu’on envoie aux parents négligents qui lisent ça dans les journaux? Que ce n’est pas si grave de tuer son enfant? Qu’ils n’auront qu’à faire quelques jours de prison? C’est aberrant et complètement inacceptable », indique l’écrivaine.

Sept autres membres issus de différents milieux font partie de l’association qui cherche à réaliser des actions concrètes dans le but de protéger les enfants.

« Quand j’ai vu passer ça au Téléjournal, j’étais bouche-bée, confie Alexis Brien-Langevin, membre de l’association et étudiant au cégep Marie-Victorin. Ça nous a tous enragés. Je pense que c’est à partir de ce moment précis que nous avons décidé de partir l’association. »

Une première action

Une pétition pour durcir les sentences des crimes contre les enfants a été lancée par l’association.

« Au moment où on se parle, 85 personnes ont déjà signé la pétition, et elle n’est en ligne que depuis quelques heures, signifie Mme Brien. Il y a un laxisme intolérable au niveau de la justice au Canada. Les gens ne croient plus au système législatif et il faut que ça change. »

Si tout va bien et que la députée fédérale de la Pointe-de-l’Île accepte, la pétition devrait être déposée à la Chambre de communes vers la fin de l’automne.

« L’état doit être neutre. Cette pétition cherche à durcir les sentences et à éliminer les facteurs atténuants pour empêcher les juges de donner des sentences indulgentes quand il s’agit d’enfants », signale Stéphane-Langevin, membre de l’association.

Différents de la DPJ

Les membres de l’association Enfant-intact décrivent leur rôle comme étant « différent » de celui de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

« Je travaille avec des enfants depuis plusieurs années, raconte Hélène Brien, enseignante dans une école primaire du secteur. Une fois, j’ai fait un signalement à la DPJ et elle a agi très rapidement. Mais au-delà de prendre l’enfant en charge et de surveiller les parents, ils ne peuvent pas faire grand-chose d’autre de concret. »

Elle indique que le but de l’association mise en place à Pointe-aux-Trembles est celui de s’inspirer de l’actualité pour réaliser des actions tangibles.

« La DPJ ne pourrait pas faire circuler une pétition comme celle que nous avons cette semaine, c’est des choses comme ça qui font la différence », conclu l’enseignante.

Il est possible de signer la pétition en visitant le site http://www.bit.ly/1ntw1J5 Enfant-intact est également sur Facebook, il est possible de les suivre dès maintenant.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.