Amenez-en du pétrole
La pétrochimie est le secteur d’emploi le plus important de l’Est avec 3600 emplois* directement liés. Dans ce contexte, les dirigeants ne peuvent rester indifférents au projet qui selon les gens de l’industrie scellera le futur de la pétrochimie à moyen terme.
« La possibilité d’avoir ce pétrole raffiné à Montréal est importante pour l’Est », admet la députée néo-démocrate de la Pointe-de-l’Île, Ève Péclet, qui approuve la ligne de son parti selon laquelle « le projet d’Enbridge sera bénéfique économiquement et énergétiquement pour le Québec et pour le Canada ».
Au provincial, le « gouvernement Marois travaille en collaboration avec le gouvernement de l’Alberta pour obtenir des garanties sur l’impact environnemental et des redevances », assure la députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger. Les deux premières ministres se seraient d’ailleurs rencontrées pour discuter du sujet, en janvier dernier, et « le signal est que ça va bien », confie Mme Léger qui préfère ne pas trop en dire pour ne pas nuire aux discussions.
Si les élues voient d’un bon œil l’inversion du flux de la ligne 9, elles n’admettent toutefois pas l’argument de l’industrie qui fait miroiter la possibilité que les citoyens voient une diminution du prix à la pompe.
« Il y aura des bénéfices économiques. Ils ne se refléteront peut-être pas sur le prix à la pompe, mais il y aura des créations d’emploi, c’est bon pour l’économie. Et, on ne dépendra plus du pétrole qui vient d’ailleurs. Nous ne serons plus à la merci d’autres pays », a dit Mme Péclet qui, par ailleurs, croit que le raffinage au Québec permettra de le rendre moins dommageable pour l’environnement. Mme Léger estime même que le projet est d’une importance capitale pour la raffinerie de Pointe-aux-Trembles.
Et si le pétrole passait tout droit?
De leur côté, des groupes environnementaux dénoncent le mandat limité de l’Office national de l’énergie (ONÉ) – qui étudie seulement la section entre Westover, Ontario, et Montréal – et le manque de transparence de la compagnie Enbridge.
La pierre angulaire de leur argumentation économique contre le renversement est le spectre du projet Trailbreaker qui signifierait que le pétrole, plutôt qu’être raffiné à Montréal, continuerait sa course pour être traité sur la côte américaine du golfe du Mexique. Un argument qui n’inquiète pas les députées.
« Pour l’instant, le prolongement au-delà de Montréal n’est pas sur la table, indique Mme Péclet. On regarde effectivement la possibilité de demander des garanties, mais nous encourageons surtout les citoyens à faire valoir leur point de vue. Nous proposerons la création de comité mixte citoyen et industrie pour la sécurité le long de l’oléoduc, pour la gestion des risques. »
Le NPD déposera d’ailleurs un mémoire devant l’ONÉ qui tiendra des audiences sous peu. Les citoyens et les organisations qui désirent intervenir devant l’ONÉ ont jusqu’au 11 avril pour s’inscrire.
Compétences fédérales
Le gouvernement fédéral à la responsabilité des dossiers qui a trait aux affaires interprovinciales, dont le transport. Le projet d’Enbridge permettra d’acheminer du pétrole de l’Alberta au Québec, traversant ainsi cinq provinces. Or, le projet à l’étude par ONÉ concerne seulement le Québec et l’Ontario.
Compétences provinciales
De son côté, le gouvernement provincial est responsable des dossiers touchant la santé et les services sociaux, les ressources naturelles, le droit de propriété.
*Source : Recensement industriel de la SODEC RDP–PAT–ME 2008-2009