La commission se penche sur la sauvegarde de l’église
Le président de la Commission, le prêtre Maurice H. Vanier, n’a rien laissé au hasard puisque la séance s’est déroulé 20 novembre, fête liturgique de la saint Octave, aux locaux de la Légion canadienne (saint Octave était un soldat chrétien massacré en l’an 297).
Tel qu’annoncé, le maire Robert Coutu n’était pas présent à l’audience, mais les conseillers Sylvie Dauphinais, Michel Bélisle et Mario Bordeleau étaient là pour faire rapport au conseil. La conseillère Monique Major, aussi présidente du comité consultatif d’urbanisme, était également présente. M. Vanier l’a d’ailleurs directement interpellé.
Objectif : sauvegarde
La séance a permis d’éclaircir le mandat de la Commission. « On a un préjugé favorable pour la sauvegarde de l’église […] Je ne suis pas ici comme un commissaire neutre qui dit “oui”, “non” ou “peut-être”. On croit fermement que l’église doit être sauvegardée. De quelle façon? Ça, ça ne nous appartient pas, ce n’est pas mon mandat, ça appartient à la municipalité parce qu’on parle d’une ancienne église qui est maintenant la propriété municipale », a expliqué le président.
Par contre, il a soulevé l’appartenance matérielle et sentimentale du lieu. « En arrière des cloches, des orgues, du chemin de croix…, cette construction-là provient des dons des gens qui se sont cotisés pour la payer. On ne parle pas d’un bien neutre et libre. Il y a beaucoup de nous autres là-dedans. Si ce n’est pas vous-même, ce sont vos ancêtres, votre parenté. »
En contrepartie, l’ex-marguillière de la paroisse, Diane Blais, a rappelé que « tout ce qui est à l’intérieur de l’église autre que les bancs et que l’orgue appartient à l’archevêché. S’il y a fermeture, tout retourne à l’archevêché. C’est comme ça », a-t-elle dit sur un ton résigné.
Parallèlement à la commission, le Regroupement des citoyens de Montréal-Est (RCME) continue de faire circuler une pétition contre la destruction. Lors de l’assemblée, sa présidente, Julie Peccia, en a d’ailleurs profité pour révéler que 350 personnes avaient déjà signé cette pétition, dont la majorité sont des Montréalestois. Jusqu’à maintenant, seulement trois séances de signature ont eu lieu, mais le regroupement prévient qu’il accélérera le pas. En plus de cela, la pétition est disponible au Centre international de l’automobile (11251, rue Notre Dame).
Sauvegarde du lieu de culte
Le premier usage d’une église est, bien évidemment, les services religieux. Or, selon M. Vanier, « quand on interroge le père Simard sur la viabilité d’un lieu de culte, le curé est toujours préoccupé. » Ce qui inquiète est que peu de Montréalestois assistent aux services religieux. Cette inquiétude est partagée par Mme Blais.
Même les bénévoles qui soutiennent l’église sont, en grande partie, de Pointe-aux-Trembles, fait remarquer M. Vanier faisant toutefois un parallèle avec l’école Saint-Octave. « Il y a une partie importante des élèves qui provient de Pointe-aux-Trembles, l’école ne serait pas viable si elle ne contenait que des enfants de Montréal-Est […] Ça ne veut pas dire que c’est un argument pour faire disparaître l’église. »
De son côté, Mme Blais soulève un autre problème plus obscur. « Présentement, ça ferait bien l’affaire d’un prêtre de ne plus aller à Saint-Octave. » Une information que nie catégoriquement le curé Simard. « C’est ridicule de dire que je ne veux plus aller à Saint-Octave. Je suis vraiment content, surtout qu’il y a de plus en plus de gens qui assistent aux offices », se défend-il.
Sauvegarde de la garderie
Depuis 1992, l’église Saint-Octave abrite également le CPE Tante Michelle dans son sous-sol. En 2006, il a été agrandi et s’étend sous le presbytère pour accueillir 80 enfants. « Sa localisation […] est un élément très important pour sa vitalité et sa viabilité », estime M. Vanier, signalant qu’il s’agit d’une des meilleures garderies du Québec.
Par contre, Mme Blais a fait part de ses inquiétudes quant aux nombreuses infiltrations d’eau. « Ils n’ont jamais pu trouver d’où provient l’eau. Ça se rend jusqu’au sous-sol, jusqu’à la garderie […] c’est sûr qu’avec les années, dans les murs il y a de la moisissure. »
De son côté, le président du comité de parents du CPE, Michel Cyr, a pris la parole pour confirmer que l’endroit était très bien pour une garderie, mais qu’effectivement, malgré la bonne volonté de la Ville, des travaux majeurs étaient nécessaires. « L’autre problème qu’on a eu, la semaine dernière, on a attrapé une souris. Il y a des travaux majeurs qui s’imposent et il y a des décisions qui devront être prises pour ne pas que la santé des enfants écope », a-t-il ajouté.
Le mot de la fin
Lors de l’assemblée, une citoyenne membre des Alcooliques anonymes s’est présentée pour signaler ses inquiétudes quant à la perte de locaux pour les organismes communautaires. Notons que plusieurs autres organismes ont fait des demandes à la Ville pour pouvoir utiliser les locaux du presbytère.
En conclusion de l’assemblée, une citoyenne d’un âge respectable, Mme Langlois, a pris la parole en racontant que « quand on revient sur l’avenue Broadway et qu’on voit la belle croix sur le fleuve, c’est très beau de voir ça. Si on enlève l’église, on va perdre l’ouverture sur le fleuve et on va perdre une richesse. La beauté, ça n’a pas de prix ».