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LaFontaine a son caquiste

Leduc-Frenette Samuel - TC Media
La Coalition avenir Québec (CAQ) a commencé à égrener ses premières candidatures montréalaises il y a quelques semaines seulement. C’est maintenant connu : lors des prochaines élections, l’avocat Domenico Cavaliere, qui a habité la circonscription de LaFontaine (Rivière-des-Prairies) pendant 30 ans, briguera le siège actuellement occupé par le député indépendant Tony Tomassi.

L’homme de 38 ans, double bachelier en droit et en politique, en est à ses premières armes en politique. Il l’avoue lui-même : il n’a jamais adhéré à un parti politique auparavant. Il a commencé à s’intéresser à la CAQ en novembre dernier, parcourant son programme politique de long en large. Il a tout de suite été séduit par ce qu’il y voyait.

« Je crois réellement aux mesures qui sont proposées par la coalition dans le domaine de l’économie par exemple, dans le domaine de la santé, en éducation, affirme-t-il. C’est bien évident aujourd’hui que les choses ne vont pas bien au Québec. »

Le juriste jure par toutes les mesures que son chef, François Legault, a lancées à intervalle régulier en 2011. M. Legault avait successivement affiché ses couleurs en éducation (avril), en santé (mai), en économie (juin) et en culture (août).

Pour M. Cavaliere, qui a deux jeunes enfants qui vont bientôt faire leur entrée à l’école, la rémunération des enseignants doit être haussée afin, croit-il, que leur travail soit mieux valorisé.

« Leur salaire ne serait pas lié à une performance en tant que telle », se défend-il toutefois. Il ne s’agit pas de pénaliser les enseignants les plus faibles, mais de les soutenir dans leurs tâches.

Abhorrant la bureaucratie, les caquistes sont aussi en faveur de l’abolition des commissions scolaires. Les ressources humaines ou matérielles utiles aux écoles seraient alors redistribuées en fonction des besoins de chaque institution.

M. Cavaliere cite aussi de nombreuses propositions en matière de santé, un autre sujet inévitable de la politique québécoise, et dont le système public est, toujours selon les caquistes, alourdi par la bureaucratie.

« Il faut faire en sorte que chaque Québécois et Québécoise ait un médecin de famille. Ça, ça passe notamment par la création de ce qu’on appelle des groupes de médecine familiale, indique-t-il. Ça passe aussi par l’abolition des agences de santé et de services sociaux qui va nous permettre d’aller chercher des épargnes au niveau de l’administration […] et de redistribuer les ressources humaines dans les premières lignes. »

M. Cavaliere rappelle aussi que l’économie est un axe important de la plateforme caquiste. L’avocat défend le remboursement rapide de la dette du Québec en y consacrant 100 % des redevances perçues dans l’exploitation des ressources naturelles. Il veut aussi un meilleur investissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans les petites entreprises.

Enfin, celui qui parle trois langues (l’anglais, le français et l’italien) se sent concerné par la culture au Québec, qu’il faut, au même titre que la langue d’usage commune qu’est le français, absolument mieux protéger.

« Ce qu’on propose, c’est d’accroître les ressources pour l’intégration des immigrants actuels au Québec, dit-il. Je pense aussi qu’il faut renforcer les pouvoirs de l’Office de protection de la langue française. »

Une circonscription prenable

M. Cavaliere ne croit pas que LaFontaine soit une forteresse libérale imprenable. Quant à la gestion de l’actuel député élu sous la bannière libérale, M. Tomassi, le candidat caquiste préfère ne pas se prononcer.

« La gestion que M. Tomassi fait du comté de LaFontaine actuellement, c’est lui qui en est imputable et c’est à lui de répondre de ce qu’il en fait, fait-il remarquer. Je peux vous dire que je vais m’occuper de LaFontaine dans le meilleur de mes capacités. »

Appelé à commenter un sondage paru dans Le Devoir selon lequel la CAQ obtiendrait moins de votes que le Parti libéral du Québec et le Parti québécois si des élections avaient eu lieu récemment, M. Cavaliere se montre optimiste.

« Les sondages, c’est une image dans le temps. C’est une photo d’un moment précis, et puis c’est un peu le cheminement de tous les partis. Au début, il y a un grand intérêt parce que c’est l’inconnu, et ensuite, les choses s’établissent au fur et à mesure, confie-t-il.

« Je pense que vous allez voir un intérêt grandement à la hausse quand on va s’approcher des élections. » Le 6 avril, le quotidien de la rue De Bleury annonçait que les appuis à la CAQ se situaient désormais à 22 %, loin derrière les 37 % récoltés dans un sondage en décembre.

M. Cavaliere va tout faire pour se faire davantage connaître. « Je vais aller là où je peux aller seul, tous les endroits qui sont accessibles en fauteuil, mentionne celui qui est cloué dans un fauteuil roulant depuis l’adolescence.

« J’ai l’intention même de faire du porte à porte là où je n’ai pas accès. Il y a beaucoup de monde derrière moi qui m’encourage et qui va m’aider à aller cogner aux portes. »

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