Les commerces ont un avenir prometteur
La crise économique de 2008 semble ne pas trop avoir affecté les commerces de l’est de la ville. Si la plupart disent avoir ressenti la fermeture de grandes entreprises, la récession a « coïncidé avec l’arrivée de nouveaux commerces », selon Annie Bourgoin, directrice générale de la SODEC. Selon elle, il s’agit d’un signe évident de vitalité.
Ces dernières années, le secteur commercial semble prendre du galon sur le territoire de l’organisme.
« Ils ont envie maintenant qu’on travaille sur des projets d’avenir », dit Mme Bourgoin après avoir constaté la synergie qui se déploie sur le terrain entre les différents entrepreneurs.
Ce nouveau dynamisme devrait d’ailleurs se concrétiser au cours des prochaines années par d’importants investissements. Des 510 commerçants sondés, 157 ont annoncé qu’ils prévoyaient chacun investir 135 000 $ en moyenne. Ces sommes seraient par exemple allouées pour des travaux de rénovation ou d’agrandissement et de promotion.
Ce dynamisme est aussi rendu possible par une clientèle de plus en plus importante.
« En général, Montréal subit une décroissance de sa population, constate la directrice générale. [Mais] on a la chance d’être dans un territoire où il y a encore un énorme potentiel de développement résidentiel. On le voit à Rivière-des-Prairies, mais il y en a aussi à Pointe-aux-Trembles et il y en aura certainement à Montréal-Est. »
Cet apport de nouveaux clients devrait tout de même fouetter les commerçants qui devront rivaliser d’ingéniosité pour les garder chez eux, prévient Mme Bourgoin.
Ancrer les commerces
La petite taille des commerces demeure une caractéristique importance des établissements du territoire desservi par la SODEC. Selon l’organisme, plus de 50 % des entreprises commerciales ont quatre employés ou moins.
Cela, doublé du fait, selon Mme Bourgoin, que « plus du tiers des commerçants n’avaient pas cinq ans d’existence » au moment du recensement, précarise ce secteur d’activité.
« Quand on sait qu’ils sont de petite taille et qu’ils sont très jeunes, ça affecte plusieurs éléments, élabore-t-elle. Ça affecta la santé économique du commerce parce qu’une jeune entreprise, c’est précaire. Ça fait des emplois qui sont aussi précaires. Et ça ne crée pas facilement une synergie commerciale et des habitudes d’achat local. »
Ainsi, à cause du haut taux de roulement des entreprises dans les locaux commerciaux, les habitudes des consommateurs se rompent continuellement, ce qui peut les pousser à dépenser leur argent ailleurs à Montréal.
Cette fuite s’explique aussi par la faible densité du tissu commercial du secteur. « Il y a peu d’habitudes d’achat de proximité comme on peut le remarquer dans d’autres arrondissements à Montréal, où tu pars à pied de ta résidence et où tu vas pouvoir aller à la pharmacie, à la boulangerie, chez l’épicier, etc. », fait remarquer Mme Bourgoin.
Pour toutes ces raisons, la SODEC encourage fortement les entreprises qu’elle dessert à établir de solides liens de confiance avec la population de l’est de la ville.