Tout sur le déneigement
Lorsqu’une grande bordée de neige tombe, les équipes de déneigement se mettent sur le pied d’alerte, mais « il faut laisser le temps aux citoyens d’arriver de travailler puis de vider les entrées avant de commencer l’opération de déneigement, sinon les tas de neiges restent là », confie le directeur des travaux publics de l’arrondissement, Gaëtan Bégin.
Si on annonce du verglas, les délais sont plus courts. Avant même que les premières précipitations touchent le sol, les équipes de déglaçages sont prêtes à intervenir.
Bien que la réalité ne soit pas la même d’un arrondissement à l’autre, une chose demeure. Lorsqu’il tombe moins de 20 centimètres de neige, les équipes ont 72 heures à partir du premier flocon pour tout enlever; lorsque c’est entre 20 et 25 centimètres, ils ont 84 heures et lorsque c’est plus de 25 centimètres, le délai est de 96 heures. Les artères principales doivent être faites dans les 24 premières heures.
La priorité est mise sur les artères principales, soit les rues Notre-Dame et Sherbrooke, ainsi que la portion du boulevard Henri-Bourassa situé à l’ouest de l’autoroute 25. Les entrepreneurs ont 24 heures pour dégager ces rues, tout en se coordonnant pour éviter de ralentir le trafic.
« Si un entrepreneur s’enfarge d’une heure et qu’il est toujours en train de charger au début de l’heure de pointe, on passe à la radio et ça, on n’aime pas ça », avoue M. Bégin.
« Quand il y a une super tempête de neige, nous devons d’abord dégager les grands axes pour permettre aux véhicules d’urgence de circuler. Lorsqu’il n’y a pas trop de neige, nous pouvons prioriser aussi les débarcadères des écoles, des CLSC et des garderies », ajoute M. Bégin.
L’opération de déneigement
« Avant chaque chargement, nous faisons une téléconférence avec les directeurs des travaux publics des autres arrondissements pour coordonner nos actions », raconte M. Bégin.
Le premier tracteur à intervenir est normalement le chargeur sur pneu (loader). Celui-ci enlève la plus grosse quantité de neige possible dans la rue. Ensuite, une première niveleuse (grader) nettoie la chaine de trottoir, suivi par de petites chenillettes qui poussent la neige hors du trottoir.
Puis, c’est au tour d’une deuxième et d’une troisième niveleuse qui pousse la neige vers le centre de la route en accotant leur pelle près de la bande de trottoirs. Enfin, la souffleuse termine le travail en chargeant la neige dans un camion à benne, qui ira porter la neige au dépôt à neige.
Pour des raisons d’efficacité, les chargements de neige s’effectuent la nuit, lorsque les rues sont pratiquement désertes. Le premier côté de la rue prend plus de temps que le second, croit M. Bégin.
L’arrondissement a l’un des prix les plus bas de Montréal, considère M. Bégin. Cela s’explique par les caractéristiques avantageuses de celui-ci, notamment l’existence d’un dépôt à neige sur son territoire et de deux autres dépôts à proximité. Les coûts de chargement pour l’arrondissement sont d’environ 17 $ par centimètres, multipliés par le nombre de kilomètres.
Avec l’aide des citoyens
Pour aider les cols bleus et les gestionnaires, les citoyens peuvent poser des gestes aussi simples que de stationner leur véhicule à quelques dizaines de centimètres de la bande de trottoirs. Cela évitera de bloquer le passage aux chenillettes et aux petits épandeurs d’abrasif lorsque l’espace entre les clôtures et les voitures est trop étroit, forçant les chasses-neige à rebrousser chemin ou, dans des cas accidentels, provoquant des dommages matériels aux voitures.
M. Bégin rappelle d’éviter de faire des tas de neige dans les rues. « Vaut mieux étendre la neige dans la rue que de la mettre en pile puisque celle-ci fondera, ce qui réduira les ressources nécessaires pour enlever la neige », expose-t-il.
Enfin, le directeur assure aux citoyens, qui ont un puisard devant leur résidence, qu’il est bénéfique pour eux de donner un coup de main aux cols bleus.
« J’ai moi-même un puisard devant chez moi. Un peu avant la fonte des neiges, je le nettoie pour m’assurer que l’eau s’écoule bien et qu’elle ne refoule pas chez moi », conclut-il.
Maintenant que l’hiver tire à sa fin, les équipes de cols bleus s’affaireront bientôt à dégager la glace des puisards, en prévision de la fonte des neiges.