Bain de cultures à Cité des Prairies
James* et Luis* sont respectivement d’origine haïtienne et dominicaine. Lorsque l’on a fait le tour des unités du centre afin de connaître les origines ethniques des jeunes, ceux-ci se sont immédiatement proposés pour monter un kiosque.
Selon les organisateurs, il s’agissait à la base d’une activité pour que les jeunes se connaissent eux-mêmes. « La plupart des jeunes ne connaissent pas vraiment leurs origines », rappelle Wendy Deluy, éducatrice auprès des jeunes contrevenants et programmatrice du Mois de l’histoire des Noirs à Cité des Prairies. Mais l’activité a permis à tout le monde d’en apprendre un peu plus sur différents pays.
« Moi, j’ai fait l’exposition parce que les gens sont portés à me confondre », mentionne Luis, qui est Noir. De l’aveu même de ce garçon d’origine dominicaine, il est souvent pris pour un Haïtien ou un Africain.
« Ça me permet moi-même de savoir plus de choses sur ma nature », renchérit James.
La préparation a été l’occasion pour eux de mieux connaître leur histoire familiale.
« On commence par mettre sur une feuille ce qu’on connaît et à faire des recherches, explique Luis. J’ai même appelé ma mère qui vient de ce pays. »
Chacun ont eu assez de moyens pour monter des kiosques assez différents l’un de l’autre. Si James a davantage fait place au sens du goût, avec son café haïtien, ses pâtisseries et ses instruments de cuisine, Luis s’est contenté de nombreuses images de voyage, de panneaux d’information et de vêtements.
Un bilan positif
Cette présentation au public ne s’est pas fait sans une bonne dose de stress. « Ce qui vient en premier, c’est le stress, reconnaît Luis. [Mais] leur parler de ton pays prend le dessus. Tu es fier de parler de ton pays et c’est l’fun. »
Même réaction du côté de James, qui a dû lui aussi gérer son stress. « Ça prend beaucoup de volonté et de motivation selon moi, dit-il. Tu te demandes comment faire pour faire venir le monde [à ton kiosque]. »
Mais l’accueil chaleureux que le public a réservé aux exposants a tôt fait de les rassurer. « On voyait l’esprit curieux dans leurs yeux, indique James. Ça m’a fait plaisir de répondre à leurs questions. »
Luis ajoute que beaucoup méconnaissaient le pays qu’il présentait. « Les gens pensaient que c’était un pays de culture plus latine, mais c’est très similaire aux pays voisins », raconte-t-il, fier d’avoir déboulonné un mythe.
Une fierté que partage James, mais pour d’autres raisons. « Moi, ça a été cherché une fierté, car mon pays a été victime de plusieurs catastrophes, explique-t-il. Ça m’a permis de montrer et d���exploiter les beautés de mon pays. »
Si c’était à refaire, nul doute que les deux compagnons replongeraient à nouveau dans cette aventure.
*nom fictif