De Cité des Prairies à la Tohu
Après avoir pris connaissance du concours, à la fin de l’année dernière, Steve s’est laissé tenté par le slam. Le 1er mars, il a écrit son texte en une soirée. Celui qui aimait jusqu’alors surtout le rap commençait tranquillement à apprivoiser cet art de la communication.
« Ça parle de ce que j’ai appris. Ça parle de comment l’éducatrice m’a aidé et ce que je reconnais avoir fait de mal », laisse-t-il savoir de son texte intitulé « Je laisse ma trace ».
« J’apprends de mes erreurs grâce aux éducateurs. Je découvre mes valeurs chaque seconde et chaque heure, a-t-il composé. Je m’écris de l’intérieur pour les gens de l’extérieur. Encore rêveur et bientôt à l’âge majeur. »
Pour Steve, le slam est une manière comme une autre de s’exprimer. Un peu comme le rap, il permet à ceux qui en font leur passe-temps de communiquer des messages plus efficacement que par la parole uniquement.
« Tu peux faire ça dehors devant tout le monde, sans instrument », explique-t-il pour démontrer la facilité qu’ont les slameurs à trouver un public.
Après que les responsables de la sélection des jeunes talents à Cité des Prairies eurent choisi les artistes du spectacle, Steve a rencontré MC June, un slameur professionnel avec qui il a suivi trois sessions de perfectionnement.
« Il nous a appris à faire des pauses pour faire sortir les mots qui vont frapper », mentionne-t-il. Au final, Steve a été choisi parmi 150 candidats provenant de tous les centres jeunesses de Montréal.
Du talent à revendre
Selon son éducatrice, Steve s’est beaucoup amélioré en français. L’écriture lui a permis d’élargir son vocabulaire.
« J’avais déjà gagné d’autres concours. J’ai du talent. J’écris chaque jour, lance-t-il. Je veux juste gagner! »
En plus du slam, Steve a fait une peinture, qu’il exposera à la Tohu aux côtés d’autres objets créés par les jeunes des centres jeunesses.
Le spectacle-bénéfice de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal, intitulé Chaque cœur a son histoire, mettra également en vedette la chanteuse Ariane Moffatt et la comédienne Brigitte Poupart.
En plus d’encourager les arts et la culture au sein de ses établissements, la Fondation vise à amasser de l’argent. En 2011, elle était allée chercher 165 000 $.
*nom fictif