L'Est est-elle la poubelle de l'île?
« L’est de l’île de Montréal est déjà hypothéqué par diverses contraintes environnementales, que ce soit par le développement de l’industrie lourde sur notre territoire, et est déjà surutilisé comme lieu d’entreposage de déchets. Là-dedans, je rentre l’usine d’épuration, le centre de transbordement, etc. […] Le Plan métropolitain dit qu’il faut au contraire restaurer les territoires hypothéqués et on remet d’autres industries qui, d’après nous, perpétuent un peu l’image de l’est de Montréal comme étant la “poubelle de l’Île”. Et ça, dans l’est, on est un peu sensible à cette réalité-là », a résumé le citoyen Raymond Moquin, traduisant ainsi le discours de plusieurs autres intervenants.
Rappelons que le poste de transbordement EBI situé à Montréal-Est, d’une capacité initiale d’environ 39 000 tonnes par année, avait obtenu en octobre 2009 un certificat d’autorisation pour l’implantation d’un centre de tri d’une capacité de 1 000 000 tonnes par année.
Des citoyens ont également mentionné la Station d’épuration qui accueille les eaux usées de toute l’île de Montréal et l’enfouissement des cendres des boues dans l’ancienne carrière Demix.
Le projet d’incinérateur de déchets qui avait suscité la controverse est encore frais à la mémoire des résidents de l’Est, a rappelé la citoyenne Nicole Loubert. Le projet avait été abandonné à la suite des pressions populaires et du rapport du BAPE.
De leur côté, les représentants de la Ville laissaient entendre qu’il existe actuellement une équité territoriale. Le chef de division de la gestion de matières résiduelles, Pierre Gravel, a rappelé qu’il y a quatre centres de transbordement répartis dans les divers secteurs de l’île.
« Tous les résidus verts et les matières recyclables de l’île sont actuellement envoyés au complexe environnemental Saint-Michel. Tous les résidus de construction, rénovation et démolition sont envoyés dans le sud de l’île. Tous les résidus de roc, de béton et d’asphalte sont envoyés dans l’ouest de l’île », a-t-il ajouté.
Pour évaluer l’équité territoriale, la Ville a pris compte de la gestion des déchets provenant du secteur public, mais « si on ne tient pas compte de l’ensemble des entreprises privées et publiques, comment peut on parler d’équité territoriale? », se demande M. Moquin.
Un autre élément qui a inquiété les résidents est que le CTMO par biométhanisation du secteur Sud ne sera pas mis en fonction avant que celui du secteur est soit à pleine capacité. Les résidents craignent que le CTMO du Sud ne voie jamais le jour.
La Ville a fait valoir que le terrain de l’ancienne carrière Demix est la propriété de la Ville alors que celui de LaSalle doit d’abord être acquis par la Ville, et que puisque les échéanciers sont serrés, cela va de soi que le CTMO du secteur sera mis en fonction avant le secteur sud. M. Lachance a toutefois précisé qu’aucune matière ne serait importée de l’extérieur de l’île.
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