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Enseigne amovible en voie d’extinction

En novembre dernier, les concessionnaires automobiles et quelques commerçants de la rue Sherbrooke à Pointe-aux-Trembles ont tous reçu une lettre recommandée de l’arrondissement les informant qu’ils avaient 15 jours pour retirer les enseignes amovibles de leur terrain.

Sur la rue Sherbrooke, de nombreux commerces arborent des enseignes amovibles, notamment les stations-service et les restaurants. L’inspecteur, qui a contacté les concessionnaires, affirme avoir envoyé des infractions à de nombreux commerces, dont des fleuristes et des commerces de restauration rapide.

Après vérification par l’Avenir de l’Est auprès de plusieurs autres commerçants délinquants, il semble que tous les concessionnaires ont été inspectés alors que seulement quelques commerçants indépendants ont reçu cette demande. Les quelques chaînes de restauration rapides contactées ne semblaient pas avoir reçu d’avertissement et leurs pancartes sont toujours visibles aux abords de la route. « Le travail a été fait, mais il n’est peut-être pas terminé. Les concessionnaires sont peut-être plus visibles », explique l’inspecteur.

Dans sa lettre, l’inspecteur évoque un règlement adopté en 2009 pour justifier sa demande. Les enseignes en question étaient installées en bordure de la rue Sherbrooke, sur le terrain des commerçants. « Je possède ce commerce depuis 1997 et nous n’avons jamais eu de problème », explique le propriétaire de Domaine Honda, Pierre Devault.

Cette opération serait une initiative de l’arrondissement et ne ferait pas suite à des plaintes de citoyens. « C’est un nouvel inspecteur qui a décidé de faire un clean up, croit le propriétaire de Fleuriste le carrousel, Louis-Dominique Lévesque. Il y a deux ans, je m’étais entendu avec l’ancien inspecteur. J’avais un petit chariot avec un arrosoir, mais le nouvel inspecteur est intransigeant. »

« Ce n’était pas des panneaux broche à foin. Ils étaient neufs et j’avais payé 1 200 $ pour six de ces banderoles », raconte pour sa part le copropriétaire de Domaine Mazda, Stéphane St-Louis. Les banderoles des concessionnaires étaient installées en hauteur et ne bloquaient ni la vue, ni le passage des piétons.

Pour Martin Beaudet, propriétaire d’Abriloc, la situation est d’autant plus dramatique que la demande ne visait pas des enseignes, mais bien son produit, soit des abris d’auto. « Un gars qui vend des chars, il expose des chars dans sa cour. Moi, je vends des abris d’auto, mais je ne peux pas les exposer selon l’inspecteur. Je ne peux pas louer un petit bureau pour exposer mes abris d’auto », objecte-t-il. Les abris de M. Beaudet sont exposés environ deux mois par année.

Le conseiller d’arrondissement Gilles Déziel s’est dit surpris par la situation. Il avait eu vent du cas de M. Beaudet, mais ne se doutait pas que la situation était aussi étendue. « J’ai demandé des explications au bureau des permis de l’arrondissement, mais je n’ai pas encore eu de retour », assure-t-il.

« Pour l’instant, il faut que les commerçants se conforment à la règle, mais je les invite à venir en parler au conseil, à envoyer une lettre à la mairie ou à venir voir leur conseiller. Nous ne pouvons pas deviner où sont les problèmes si les gens ne viennent pas nous voir », maintient-il.

« Il faudra voir ce qui est mieux entre donner des dérogations ou changer le règlement, ce sera au conseil de voter. L’objectif n’est pas de faire de l’argent », assure M. Déziel.

« J’ai tenté de contacter l’inspecteur, mais je n’ai pas eu de retour d’appel », déplore de son côté M. Devault. L’inspecteur se défend d’avoir rendu tous les appels. L’arrondissement confirme cependant qu’aucune contravention n’a été donnée. Notons que tous les concessionnaires contactés se sont conformés au règlement.

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