Montréal
09:17 3 juin 2020 | mise à jour le: 3 juin 2020 à 16:01 temps de lecture: 4 minutes

Hôpital Maisonneuve-Rosemont : rassurer les parents pour mieux soigner les enfants

Hôpital Maisonneuve-Rosemont : rassurer les parents pour mieux soigner les enfants
Photo: Zoé Magalhaès / Journal de RosemontÀ gauche le Dr Frédéric Faucher, à droite, Mickaël Grimard, devant un pavillon de pédiatrie de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Après avoir connu une baisse de fréquentation impressionnante dans ses services de pédiatrie, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) tient à rassurer les parents. Tout a été mis en place pour offrir aux enfants des soins de qualité en toute sécurité.

Confinés depuis plus de deux mois, certains parents semblent encore réticents à amener leurs enfants à l’hôpital pour les faire soigner. À l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le taux de fréquentation des services de pédiatrie ont chuté de façon spectaculaire.

Alors que le taux d’activité en médecine de jour a baissé de moitié, l’achalandage a chuté de 92% à la clinique sans rendez-vous. Une baisse de fréquentation inédite qui a aussi été observée à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Cette tendance inquiète fortement les services hospitaliers montréalais qui ont pourtant mis en place toutes les mesures pour rendre l’accueil et le soin sécuritaires.

«Les parents ont très bien respecté les mesures de confinement depuis le début de la crise. Mais, maintenant qu’on est prêts, organisés et structurés, c’est très important qu’ils se rendent jusqu’à nous pour soigner leurs enfants», souligne Mickaël Grimard, directeur adjoint du secteur Mère-enfant de HMR.

Un parcours de soin repensé

Pour assurer la sécurité sanitaire des enfants, beaucoup de choses ont changé dans les services de pédiatrie de l’hôpital. À leur arrivé, enfants et parents doivent d’abord se laver les mains et répondre à un questionnaire.

Ils sont ensuite dirigés vers le bon service, empruntant un chemin qui leur évitera de croiser d’autres patients. Dans les salles d’attente, les sièges sont à distance les uns des autres, et des marquages au sol aident au respect de la distanciation physique.

«On recommande aussi qu’un seul parent accompagne l’enfant et qu’ils arrivent à l’heure exacte du rendez-vous, ajoute M. Grimard. On s’ajuste aussi en fonction de l’évolution de la situation pour être toujours efficaces.»

Des conséquences sur la santé des enfants

Malgré toutes ces mesures et malgré les explications données au téléphone par les infirmières, les deux tiers des parents refusent encore de venir avec leur enfant pour une consultation, déplore le Dr Frédéric Faucher, pédiatre à HMR.

Si un suivi par téléphone a été fait pendant les premières semaines du confinement pour les patients les plus à risque, ce système atteint à présent ses limites. En effet, plusieurs soins, auscultations, ou analyses nécessitent que l’enfant soit physiquement présent, rappelle le pédiatre.

«C’est très difficile d’identifier un retard de développement chez l’enfant sans consultation, par exemple. Les parents, même attentifs, ne peuvent pas toujours identifier des anomalies aussi pour des enfants qui ont des maladies chroniques», illustre le Dr Faucher.

Pour les enfants atteints de troubles de santé mentale ou d’un handicap, l’absence de soin ou de suivi présente également de nombreuses difficultés. Ils sont donc encouragés à se tourner de nouveau vers l’hôpital.

Conscient du rôle important de l’hôpital auprès des patients vulnérables, le Dr Faucher s’inquiète aussi du sort des enfants victimes de maltraitance. Chez ces jeunes qui ne vont plus à l’école, ni à l’hôpital, les signes de maltraitance peuvent rester invisibles.

«On sait que les signalements à la DPJ ont chuté de façon dramatique. C’est sûr que les services hospitaliers ne sont le référent numéro 1, mais un fois le signalement fait, on est des partenaires importants», explique le pédiatre.

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