Rosemont
18:09 1 avril 2021 | mise à jour le: 1 avril 2021 à 18:10 temps de lecture: 4 minutes

Jeannette Lapointe: «faire rajeunir» les aînés

Jeannette Lapointe: «faire rajeunir» les aînés
Photo: Gracieuseté / ALPARJeannette Lapointe à la barre lors des 15 ans de l’ALPAR.

Après avoir passé plus de 20 ans auprès des aînés, Jeannette Lapointe, cofondatrice de l’Association de loisirs pour personnes à autonomie réduite (ALPAR), a reçu une médaille de l’Assemblée nationale du Québec.

Alors qu’elle fêtait ce mois- ses 85 ans, Jeannette Lapointe a reçu un cadeau pour le moins inattendu. Le député de Rosemont, Vincent Marissal, lui a en effet remis une médaille de l’Assemblée nationale en reconnaissance de son engagement auprès des personnes âgées en perte d’autonomie.

«C’était plus qu’une surprise, je n’en revenais pas! J’ai vraiment été très émue, c’était vraiment une grosse fête pour moi», relate Mme Lapointe.

Cet événement, organisé en même temps que l’assemblée générale de l’ALPAR était aussi l’occasion pour Mme Lapointe de dire au revoir aux membres et employées de l’organisme.

En effet, après deux décennies, la cofondatrice de l’association a décidé de quitter ses fonctions de présidente du conseil d’administration.

«Après 20 ans, c’est sûr que ça me serre le cœur, explique-t-elle. Mais à mon âge je ne suis plus capable de m’impliquer comme avant.»

Sortir et s’amuser

L’histoire de l’ALPAR remonte à la fin des années 1990. Tandis qu’elle est en convalescence à la suite d’une grave maladie, Mme Lapointe rencontre les aînés du Centre de jour du CHLSD Robert-Cliche où elle séjourne.

Une fois guérie et s’étant liée d’amitié avec plusieurs d’entre eux, elle s’engage en tant que bénévole. Puis, elle a l’idée de créer un organisme rassembleur qui permettrait aux personnes âgées de se retrouver autour d’activités amusantes. C’est ainsi que naît l’ALPAR, quelques années plus tard, en 2002.

«Au début c’était juste moi puis Monsieur Mathieu. Ensuite, ça a grandi et on a eu de plus en plus de nouveaux membres», se souvient-elle.

«Je trouvais que c’était très important que les aînés puissent sortir de chez eux et s’amuser, ajoute-t-elle. Plutôt que de les laisser vieillir, je voulais les faire rajeunir.»

Au programme, bingo, spectacles, musique et une foule d’autres activités. Au fil des années, Mme Lapointe noue des liens très forts avec les nombreux membres de l’ALPAR qu’elle considère «comme une famille».

Un héritage

Aujourd’hui logée dans une résidence de la rue Bélanger, proche du quartier où elle a grandi et vécu toute sa vie, Mme Lapointe est fière du chemin parcouru. Elle laisse ainsi «aux jeunes» le soin de poursuivre son travail.

«Je suis bien contente d’avoir bâti cette place-là. Je n’oublierai jamais l’ALPAR et toutes les personnes que j’y ai rencontrées. Ça sera encore dans ma tête bien après ma mort, confie-t-elle. Et aujourd’hui, c’est une belle équipe qui fait du très bon travail.»

La directrice de l’ALPAR, Josée Lambert, entend bien continuer à faire vivre l’héritage de Mme Lapointe pour de nombreuses années.

«Madame Lapointe est une femme de terrain qui a mené un parcours exemplaire en restant toujours ancrée au plus proche des besoins de la communauté, souligne-t-elle. Nous avons aujourd’hui trois intervenantes qui sont très fières de travailler dans la continuité de sa vision.»

Ainsi, malgré la pandémie, l’organisme continue à mener un travail de proximité essentiel pour ses membres. À défaut de pouvoir organiser de grandes activités de groupe, l’ALPAR souhaite toujours être «un lieu d’appartenance» pour les aînés en perte d’autonomie.

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