La dignité en cadeau pour 600 familles
Dans le quartier Rosemont, 370 familles auront recours au Magasin-Partage à l’aube du temps des Fêtes. Une hausse par rapport à l’an dernier, où 350 ménages avaient été desservies par ce service.
« On a une quinzaine de familles sur la liste d’attente. On verra ce qu’on pourra faire en fonction de comment se déroule la distribution et des besoins à combler. On va peut-être en rappeler le dernier jour du Magasin-Partage », mentionne Boumara Keita, qui coordonnait l’initiative.
Du côté du Magasin-Partage de La Petite-Patrie, on prévoit rejoindre 227 foyers, soit une centaine de familles de moins que l’hiver dernier. Cette baisse ne témoigne cependant pas d’une amélioration de la situation financière de la population, mais plutôt de problèmes touchant l’ancienne organisation qui chapeautait l’initiative. Un sujet sensible que la nouvelle administration, en poste depuis le 25 novembre, ne souhaite pas commenter.
Du côté du Regroupement des Magasins-Partage, on se fait un peu plus loquace.
« L’organisme qui détenait le Magasin-Partage n’était pas capable de le faire cette année à cause d’une restructuration. Le comité nouveau organisateur et nous désirions que ce soit fait autrement cette fois-ci, pour permettre à cet organisme de retomber sur ses pattes. On ne peut pas donner un service à moitié. On ne veut pas saupoudrer de l’aide, on veut en donner! On s’est assuré d’être en mesure de recevoir les gens quand même, car il était hors de question qu’il n’y ait pas de Magasin-Partage dans La Petite-Patrie et qu’on les laisse en plan parce qu’un organisme vivait des problèmes à l’interne », explique Sylvie Rochette, cofondatrice et directrice générale du Regroupement des Magasins-Partage de l’île de Montréal, sans en divulguer davantage sur la nature desdits problèmes.
Sécurité alimentaire : une situation préoccupante
Alors que pour plusieurs, le temps des Fêtes rime avec opulence, il est, pour un nombre grandissant de personnes synonyme de rationnement. En effet, le visage de la pauvreté change et de plus en plus de foyers issus de la classe moyenne se tournent vers l’aide alimentaire pour boucler leur budget.
« À l’échelle montréalaise, on n’arrive même pas à répondre à un tiers de la demande. À Rosemont – La Petite-Patrie, ça se maintient. La demande est sensiblement la même. Est-ce dû à de la mouvance dans le quartier liée à l’embourgeoisement? Ça se peut bien. La pauvreté se déplace dans d’autres quartiers. On constate que ça bouge vers l’Est », expose Mme Rochette.
Ce phénomène est insidieux et pénalise doublement les familles dans le besoin qui demeurent dans les quartiers victimes de la spéculation financière. En effet, le financement des services d’aide est souvent calculé en fonction de l’indice sociodémographique du secteur. La présence de plus nantis affecte donc l’offre de services destinée aux personnes dans le besoin.
« La moyenne salariale est plus élevée, mais il y a quand même des personnes pauvres », fait-elle valoir.