Il perd 150 livres en un an
À l’aube de ses 33 ans, la vie lui envoie plusieurs signaux. La mort de son grand-père, puis le diagnostic de deux cancers chez son père et une rupture amoureuse le poussent à réfléchir sur son existence.
« Je me rappelle être resté couché sur mon divan pendant trois jours à fixer le plafond. Je n’ai pas dormi, pas mangé, je n’étais capable de rien faire. En temps normal, j’aurais mangé mes émotions, mais cette-fois-là, j’ai décidé de faire le contraire. Le lendemain, j’allais m’inscrire au gym. Je n’avais aucune idée de ce que je faisais », relate le résident de La Petite-Patrie.
Honteux de son poids, il était hors de question pour lui de faire appel à un entraîneur. N’ayant pas accès à un médecin de famille pour le suivre dans sa démarche, il entreprend cette aventure seul, sans même se peser. Il estime sont poids initial entre 415 et 430 lbs.
« Je ne voulais pas me faire peser, je ne voulais pas me faire pincer pour connaître mon indice de masse corporel (adipomètre), je ne voulais pas rencontrer le kinésiologue ou un autre spécialiste. J’ai juste commencé à faire du vélo. J’ai rapidement fait des progrès. Après quatre ou cinq séances, j’étais déjà moins essouflé. »
La première fois qu’il monte sur la balance, après des mois d’entraînement, l’aiguille lui indique 379 lbs.
« J’observais ce que les autres faisaient. Je cherchais des personnes semblables : je ne me comparais pas aux personnes âgées, ni aux p’tit jeunes de 22 ans en camisole. Je spottais les gens de 30 – 40 ans avec un surplus de poids. J’ai aussi lu beaucoup de livres et fait des recherches sur le Web pour trouver le juste milieu entre les exercices pour perdre des calories et pour développer sa masse musculaire », explique M. Leclair.
Un appétit gargantuesque
Enfant capricieux, M. Leclair n’a jamais été un grand consommateur de fruits et légumes. Préférant la viande et le junk food qu’il consomme en quantité industrielle, il affiche un surplus de poids dès son adolescence.
« J’avais une réelle relation de dépendance avec la bouffe, plus particulièrement la malbouffe. J’avalais au moins quatre repas par jour, et je mangeais beaucoup trop chaque fois. « Je me suis donc restreint à trois repas par jour et j’ai beaucoup diminué mes portions. Par la suite, j’ai commencé à mieux m’alimenter. Je n’avais pas vraiment de connaissances en cuisine, je consommais beaucoup de plats préparés ou congelés. J’ai lu beaucoup sur le sujet. Je n’ai pas commencé avec du tofu et du fromage cottage. J’ai changé mes habitudes, une à la fois », soutient M. Leclair.
Plus d’un an après avoir entamé sa métamorphose, l’homme a perdu un total de 172 lbs et maintient son poids. Il a complété un Spartan race et couru un demi-marathon, en 2013. Afin d’inspirer les autres à reprendre le contrôle de leur vie, il a écrit un livre intitulé Changer pour soi : comment j’ai perdu 150 lbs en un an.
L’enseignant d’histoire et de géographie au collège Mont-Saint-Louis compte aussi donner des conférences dans les écoles secondaires pour éviter que des jeunes ne vivent les mêmes épreuves que lui.
———-
Un jour dans l’estomac d’un obèse
Voici la diète-type quotidienne de Philippe Leclair, alors qu’il pesait plus de 400 lbs:
– Déjeuner
Lorsque le jeune homme n’omet pas ce repas, il mange environ six rôties au pain blanc avec de la confiture
– Dîner
Il engouffre alors deux ou trois sandwichs et beaucoup de charcuteries. Les fruits et légumes sont proscrits.
– Souper
Au menu, de la viande. Il dévore souvent deux ou trois steaks. Sinon, il ingère un énorme plat de pâtes. Encore une fois, les légumes et les fruits sont mis de côté. Il n’y a jamais de restes pour un lunch le lendemain, précise M. Leclair.
– Soirée
Direction restaurant de restauration rapide ou soirées devant la télé à manger des ailes de poulets, croquettes, etc.