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Réseau blanc : paralysé par la neige

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Chaque hiver, des centaines de cyclistes bravent le froid, la glace et la neige en enfourchant leur monture. Alors que le Réseau blanc tarde à se déployer, le Journal de Rosemont s’est questionné sur l’état et l’entretien du réseau cyclable, en saison froide.

Selon Suzane Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec, « chaque année, la situation s’améliore un peu ». Certains détails restent néanmoins à travailler pour qu’il y ait « un réel cœur cyclable à Montréal ».

À Rosemont – La Petite-Patrie, elle décerne une mention spéciale à l’entretien de la piste de l’avenue Christophe-Colomb et du lien dans le parc Boyer.

Cependant, si les pistes en site propre – comme celle de la rue Rachel –, sont habituellement bien déneigées, les bandes cyclables, elles, sont littéralement impraticables, déplore-t-elle.

« Les bandes cyclables, qui se trouvent dans les rues, sont, en principe, déneigées en même temps que celles-ci. Toutefois, le problème est que lorsqu’une charrue passe, elle ne s’approche pas trop des voitures pour ne pas les abimer. Ça crée donc un amoncellement de neige qui encombre la bande cyclable. Il faudrait faire un petit peu plus; qu’une chenillette passe sur la bande, après la déneigeuse », explique Mme Lareau.

Au plus, cette mesure exigerait que l’on déneige de 15 à 20 km supplémentaires à Rosemont – La Petite-Patrie. Une dépense que Mme Lareau estime négligeable, surtout lorsqu’on la compare à celle engendrée par les milliers de kilomètres de rue qui sont déneigés à Montréal.

Les rues Saint-Dominique et Bellechasse, quant à elles, sont si larges que leurs bandes cyclables ne sont pas déneigées, expose la porte-parole de Vélo Québec.

Pistes sur rue

Dans le cas de la rue Boyer, qui possède une piste bidirectionnelle sur rue, la situation est plus complexe. Délimitée par des bollards du 1er avril au 15 novembre, elle disparait complètement de la carte en saison froide, étant donné l’étroitesse de la chaussée. De plus, les déneigeuses ne feraient qu’une bouchée des petits poteaux délimitant l’espace réservé aux vélos. Or, les cyclistes habitués de transiter par cette voie continuent de l’emprunter.

« On a des pistes, comme celles des rues Boyer ou de Brébeuf, qui ont été aménagées il y a 30 ans. Ce sont des axes très importants. Si on veut les déneiger l’hiver, il faudrait les repenser », plaide-t-elle.

Elle suggère donc d’aménager sur ces axes une voie cyclable unidirectionnelle, protégée par une bande hachurée peinte au sol et de faire de même, en sens inverse, sur une rue avoisinante.

« On ne peut pas faire ça sur toutes les rues, car certaines ne sont pas assez larges », concède-t-elle, insistant sur le fait qu’il faut tenir compte de la géométrie de chaque rue.

Le Journal de Rosemont a sollicité une entrevue avec le maire de l’arrondissement, François W. Croteau, à savoir si des modifications à la configuration des pistes cyclables sur rue ou au mode de déneigement des bandes étaient envisagées. Au moment de publier ces lignes, il avait été impossible de lui parler, puisqu’il était en vacances.

Vélo hivernal, de moins en moins marginal

Si le vélo est moins utilisé en hiver qu’en été, son utilisation en saison froide est de moins en moins marginale.

« Sur Berri, Maisonneuve ou Rachel, en hiver (octobre à mars) on se retrouve avec des achalandages d’environ 12 à 14 % de ce qu’on retrouve en période estivale. Ça représente environ 600 cyclistes par jour. C’est beaucoup! Si le réseau déneigé était un peu plus cohérent, c’est-à-dire qu’il permettait de faire des liens utilitaires entre les arrondissements, il y en aurait davantage », soutient Suzane Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec.

Cependant, les préjugés autour du vélo hivernal ont la couenne dure.

« Il y a beaucoup d’automobilistes qui estiment que les gens ne devraient pas circuler à vélo, l’hiver. On comprend qu’ils ont peur de frapper quelqu’un, mais les gens qui décident de rouler à vélo l’hiver se sentent à l’aise. Il faut leur faire confiance; c’est sécuritaire. La rue n’appartient pas aux autos », défend-elle, demandant aux automobilistes et aux cyclistes de faire preuve de courtoisie, de civisme et de tolérance.

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