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Un jardin de Rosemont en péril

Les membres du jardin communautaire Du Carrefour, menacé de fermeture depuis quelques mois, se sont mobilisés une fois de plus pour défendre leur cause.

Profitant de la période de questions de la séance du conseil d’arrondissement tenue le 6 octobre ils ont exprimé leurs inquiétudes aux élus. Ces Rosemontois demandent une entente afin d’empêcher la fermeture du jardin.

Dans une lettre reçue de la Direction de la culture, des sports, des loisirs et du développement social, datée du 15 septembre, il a été clairement stipulé que la décision de ne plus payer de loyer pour le terrain a été prise dans un contexte de restriction budgétaire. Il leur a été proposé, dans en même temps, d’envisager l’option d’être relocalisés dans d’autres jardins communautaires de l’arrondissement, s’ils le désiraient.

«La proximité est notre priorité, a déclaré Sylvie Arsenault, une jardinière. Pour nous, la relocalisation n’est pas envisageable. Il doit y avoir une autre alternative.»

Selon le groupe de jardiniers, l’information est parvenue aux gens, alors que tout était déjà décidé.

«Personne n’a été consulté au préalable dans cette affaire», a rajouté Mme Arsenault.

Situation controversée

Le paiement du loyer pour le terrain du jardin communautaire était défrayé par l’arrondissement depuis 2008. L’administration locale a décidé de mettre fin à ce contrat à la suite de compressions budgétaires.

«Le jardin existe depuis plus de 20 ans même si nous subventionnons l’Entre-gens, le propriétaire du terrain, que depuis six ans. La fermeture ne dépend nullement de l’arrondissement.», a fait savoir François Croteau, maire de l’arrondissement de Rosemont—La Petite-Patrie.

Pourtant, la directrice de l’organisme, Hélène Dagenais, affirme que les déclarations faites par le maire ne sont pas tout à fait vraies.

«On ne veut pas fermer le jardin, mais sans la subvention de l’arrondissement nous ne pouvons pas offrir le terrain gratuitement, a-t-elle déclaré. On aimerait arriver à une entente commune.»

Elle a expliqué que la Ville paye Provigo pour la location du jardin communautaire Basile-Patenaude situé dans le même arrondissement depuis plusieurs décennies. Alors, elle ne comprend pas pourquoi on n’en ferait pas autant pour le jardin Du Carrefour.

«Sur la pancarte, ce n’est pas écrit bienvenue au jardin communautaire de l’Entre-gens, mais bien de la ville de Montréal», de poursuivre Mme Dagenais.

Citoyens frustrés

La situation s’avère difficile pour les personnes qui cultivent ces jardinets. Sol Côté, un des membres, a fait savoir qu’ils ont l’impression d’être des marionnettes dans cette affaire. Ils ne se sentent pas assez représentés. Selon lui, l’arrondissement aurait pu défendre la cause auprès de la Ville de Montréal pour arriver à une entente plus satisfaisante.

Toutefois, le maire Croteau confirme avoir entrepris des démarches auprès de la Ville. Il dit que la relocalisation serait l’option finale, s’il n’y a pas de consensus entre les parties concernées.

«On va continuer d’accompagner les jardiniers afin de trouver une solution qui, toutefois, n’engagera pas l’arrondissement  financièrement, a-t-il souligné. L’arrondissement a subi des coupures de plus de deux millions de dollars en deux ans. Notre but est d’assurer une saine gestion des fonds publics.»

Néanmoins, Mme Arsenault se dit indignée par certaines décisions approuvées par le conseil, lors de la dernière séance.

«Ils sont prêts à investir plus de 200 000 $ dans la réfection des parcs à chiens, mais ils ne peuvent pas investir 6000 $ par an pour payer la location du terrain pour qu’on garde notre jardin.»

L’organisme l’Entre-gens, invoque des problèmes financiers pour justifier sa décision, mais la directrice ne sait pas encore ce qui adviendra du terrain vacant, si l’on décide de fermer le jardin.

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