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Une pétition pour préserver l'accessibilité aux soins de santé

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Le Comité des usagers du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Lucille-Teasdale s’inquiète de l’accessibilité et de la qualité des services de santé offerts à Rosemont.

Depuis quelques années, les coupes dans le budget destiné à la santé se multiplient. Pour la période 2013-2014, l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (ASSSM) demandait un effort d’optimisation de l’ordre de 100,9 M$ aux établissements de la métropole.

« Pour le CSSS Lucille-Teasdale, cette année, on parle de 6,4 M$ de compressions sur un budget de 157 M$ : c’est clair que tu ne coupes pas juste dans les crayons et le papier! », dénonce Nicole Laliberté, présidente du Comité des usagers, indiquant que les coupes sont récurrentes depuis plusieurs années.

Selon elle, la main-d’œuvre, l’éventail de services offerts et la qualité de ceux-ci sont gravement touchés et la situation risque d’aller en s’empirant.

« On ne remplace plus les vacances ou les congés, on coupe dans les services à domicile et le prêt d’équipements pour maintenir les aînés chez eux, en renvoyant les gens vers le privé. Or, certains n’ont pas les moyens de payer. On coupe aussi dans la prévention et on minute les interventions. Par exemple, une infirmière qui va prendre une prise de sang sait qu’elle a tant de temps pour le faire. Elle ne peut plus prendre le temps de jaser avec le patient s’il ne feel pas [pour intervenir d’une manière plus globale]. L’état de santé se détériore plus rapidement », illustre-t-elle.

Moins de ressources, plus dispersées

Autre conséquence des compressions budgétaires : la centralisation des services dans l’un ou l’autre des établissements du CSSS Lucille-Teasdale, qui couvre un vaste territoire englobant les quartiers Rosemont, Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Ouest. L’éloignement des ressources fait en sorte que les gens sont moins portés à aller les chercher.

« Avant, on avait des intervenants jeunesse qui oeuvraient là où les adolescents se tiennent. À la suite de la rationalisation des services, la clinique jeunesse a été implantée à Hochelaga-Maisonneuve. Les jeunes qui habitent à Rosemont ne s’y rendent pas. C’est trop loin, ça prend plusieurs autobus pour se rendre et ce n’est pas dans leur milieu », s’indigne Mme Laliberté.

« C’est une érosion tranquille des services offerts au CSSS, et on va se retrouver avec une clientèle très lourde », renchérit Johanne Laforge, responsable à l’information et à la mobilisation au syndicat des travailleurs du CSSS – CSN.

Une situation préoccupante, puisque la clientèle du CSSS Lucille-Teasdale figure parmi les plus vulnérables. En effet, les taux de mortalité, d’hospitalisations, d’incidence du cancer, de diabète, de tabagisme, d’hypertension et de décrochage scolaire y sont supérieurs à la moyenne, découvre-t-on dans le rapport « L’évolution de la santé des Montréalais », publié en octobre 2011.

Le milieu communautaire en renfort

Pour pallier les besoins causés par les compressions budgétaires, le milieu communautaire craint de devoir agir à titre de renforts.

« On deviendrait des partenaires privilégiés pour suppléer au désengagement de l’État. Certains vont adhérer à cet appel-là, car c’est une façon indirecte de financer les organismes communautaires en les forçant à remplir certaines obligations qu’ils n’avaient pas avant. Or, ils n’ont pas la formation pour intervenir de cette manière et ils ont peur des conséquences que ça peut avoir sur les gens. On est très inquiet », fait valoir Janelle Bouffard, membre du comité qui représente la population.

Dénoncer d’une seule voix

Afin d’envoyer un signal d’alarme aux décideurs, le Comité des usagers du CSSS Lucille-Teasdale a décidé de solliciter l’appui de la population en faisant circuler une pétition demandant à ce que l’offre, la qualité et l’accessibilité des soins soient maintenues. Cette initiative locale a rapidement évolué en une démarche provinciale.

« Souvent, la population est résignée face à la santé. Or, il faut savoir que les conseils d’administration sont ouverts au public. Les gens peuvent se présenter et poser des questions. Les gens ont le réflexe d’aller se plaindre au municipal, pas au CSSS. Il faut que les gens se mobilisent : il y a des endroits où ils peuvent se faire entendre », insiste Mme Laforge.

La pétition est disponible au www.rpcu.qc.ca/petition.

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