Déficit d'entretien des infrastructures : 154 M$ pour retaper RPP
« Si on est capable de réaliser les travaux nécessaires en cinq ans, il faudrait investir annuellement 3,2 M$ pour la voirie du réseau artériel, 11,2 M$ pour la voirie locale, 4 M$ pour l’eau potable et 2,5 M$ pour l’égout », indique Philippe Sabourin, chargé de communication à la Division des affaires publiques de la Ville de Montréal.
Une situation qui n’a rien d’exceptionnel, étant donné la négligence des dernières décennies.
« C’est un fait connu : on a un rattrapage à faire. Pendant les années 1980-1990, on a souffert d’un déficit d’entretien. Ça fait une dizaine d’années qu’on essaie de pallier la situation et il va falloir maintenir le rythme, voire l’accélérer », mentionne-t-il.
Des infrastructures en bonne santé
Même si de nombreuses interventions sont nécessaires pour remettre les infrastructures rosemontoises en état, il semblerait que le bilan de santé de celles-ci soit somme toute positif.
La moyenne d’âge de l’aqueduc rosemontois est de 75 ans, soit 15 ans de plus que la normale montréalaise.
« Ce n’est pas parce qu’une conduite est centenaire qu’elle est nécessairement mauvaise. De la bonne vieille fonte d’avant-guerre a une durée de vie utile de 120 ans, tandis que d’autres en ont une plus réduite. La fonte grise – qui compose la majorité du réseau rosemontois – en a une de 90 ans », fait valoir M. Sabourin, indiquant que 1 % de ses tuyaux ont atteint leur fin de vie utile.
Pour preuve, la plomberie de l’arrondissement présente un taux de bris moyen relativement bas, soit 0,22 bris par kilomètres par année.
« Seulement 1,9 % des conduites d’eau ont atteint le seuil critique du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, qui est de 2 bris par kilomètre par an, sur une période de cinq années. C’est une bonne nouvelle. »
Les égouts rosemontois, quant à eux, ont un âge moyen de 73 ans, comparativement à l’ensemble du territoire montréalais, pour qui celui-ci se chiffre à 57 ans.
« Ça va avec l’historique de l’arrondissement qui est l’un des plus vieux quartiers de Montréal. Par contre, un égout en brique dure en moyenne 150 ans. À Rosemont, 1 % des installations ont dépassé leur durée de vie », souligne le porte-parole de la Ville-centre.
Quant à la voirie, Rosemont – La Petite-Patrie s’est vue attribuer un indice de performance des chaussées (IPC) moyen de 70 (100 étant la meilleure cote et 1 la pire).
« C’est relativement positif. Pour les petites rues, l’IPC est de 68 tandis que pour le réseau artériel, il est de 77. Il y a eu beaucoup de travaux de réfection qui ont été faits, mais là où il faut redresser nos efforts, c’est à l’échelle locale », informe-t-il.
Des chantiers à planifier
Alors que les infrastructures rosemontoises approchent de leur date de péremption, la Ville de Montréal doit prévoir les interventions à venir.
En se basant sur un système informatique intelligent, elle veut planifier ses actions pour réaliser d’un seul coup des travaux sur les égouts, les conduites d’eau et la chaussée.
« On pourrait avoir à l’avenir des économies d’argent d’environ 30 %. Nous espérons aussi diminuer les impacts sur les citoyens et la circulation d’environ 40 %. »
Au cours des prochaines semaines, plusieurs chantiers sont prévus sur le territoire de Rosemont – La Petite-Patrie, notamment la réfection du réservoir Rosemont, la remise en service de transport sur la rue Bélanger, la réfection de la rue Sherbrooke ainsi que du boulevard Pie-IX, entre les rues Beaubien et Bélanger.