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Le cancer du sein en tête

Beauchemin Philippe - TC Media
Le taux de participation au Programme de dépistage du cancer du sein n’est que de 39 % dans le secteur du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) du Cœur-de-l’Île, qui couvre les quartiers Villeray et Petite-Patrie. Pour sensibiliser et rejoindre un plus grand nombre de femmes, la campagne « À la santé de vos seins » a été mise en place au début de l’année. Six mois plus tard, les organisateurs en dressent un bilan positif.

« Pour réduire de 25 % le taux de mortalité, on doit avoir un taux montréalais de participation de 70 %. En 2010, le portrait qu’on avait pour notre CSSS était de 39%. On devait absolument agir », souligne Marie-Claude Fournier, conseillère-cadre en santé publique au CSSS.

C’est ainsi qu’est née l’idée d’une vaste campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein auprès des femmes des deux quartiers desservis par le CSSS. Avec l’aide de l’Écho des femmes de La Petite-Patrie et du Projet Villeray dans l’Est, l’initiative a rejoint 400 femmes par des ateliers de sensibilisation ou de promotion du dépistage du cancer du sein.

Des femmes âgées entre 50 et 69 ans, en situation de vulnérabilité socioéconomique, qui n’avaient pas passé de mammographies et qui, pour au moins la moitié d’entre elles, exprimaient leur intention de participer au programme de dépistage du cancer du sein.

« Les femmes qui participent le moins sont celles qui sont sous-scolarisées et sous le seuil de la pauvreté. Elles ne viennent pas facilement vers les services sociaux des institutions gouvernementales; c’est pour cette raison qu’on a passé par des organismes communautaires pour les rejoindre. »

La peur est également une des raisons qui explique le faible taux de participation.

« Elles ont peur de souffrir, que ça fasse mal, mais elles ont surtout peur du résultat. Certaines sont seules et disent ne pas avoir quelqu’un pour les accompagner advenant la détection d’une lésion cancéreuse. Elles préfèrent donc ne pas le savoir et ne vont pas faire de dépistage. Mais moi je dis qu’il vaut mieux prévenir que guérir », mentionne Elwige Ngapa, organisatrice communautaire de Villeray dans l’Est.

« C’est ambivalent, souligne Anne Landry, agente de planification du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS) de la Direction de santé publique de Montréal. On a peur de souffrir lors de la mammographie et peur de se faire traiter si on a un cancer. Mais il faut faire un dépistage précoce pour justement éviter des traitements difficiles; plus on détecte rapidement une lésion, plus elle sera facile à traiter. »

Radiologie

Lors des rencontres avec les femmes, certaines ont soulevé le problème de la fiabilité des résultats de dépistage, en lien avec la réévaluation par le Collège des médecins du Québec, l,an dernier, de 15 000 résultats faits par un radiologiste travaillant, notamment, à la clinique Jean-Talon – Bélanger.

« Il a fallu expliquer que le problème n’était pas la machine, mais bien le radiologue et que celui-ci ne travaillait plus là. Certaines femmes se disaient inquiètent de la fiabilité des résultats. Il a fallu rassurer et expliquer les étapes, une par une », laisse savoir Mme Ngapa.

Un effet positif est tout de même ressorti de cet incident, affirme l’agente de planification à la Direction de santé publique de Montréal: « Le nombre de femmes qui nous appelaient pour repasser une mammographie a été de beaucoup supérieur à celui pour se plaindre du radiologiste. »

-Dans le cadre du Mois Rose, de nombreuses activités sont prévues: atelier sur la santé des seins, le mercredi 17 octobre, de 18 h 30 à 20 h, au CLSC de La Petite-Patrie, salle 305 A-B (6520 Saint-Vallier); visionnement du film « Les mots et les gestes qui soignent », le jeudi 18 octobre, de 14 h à 16 h à l’Écho des femmes de La Petite-Patrie (6032 rue Saint-Hubert); brunch entre lesbiennes, spécial santé des seins, le dimanche 21 octobre, de 11 h à 14 h, à l’Écho des femmes de La Petite-Patrie; visionnement du film « L’industrie du ruban rose », en présence de la réalisatrice Léa Pool, le jeudi 25 octobre, à 20 h, à l’auditorium du Patro le Prévost (7355 rue Christophe-Colomb).

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