Découvrir l’arbre, cet être vivant
Les 40 hectares de l’Arboretum sont maintenant pourvus de différentes structures pour expliquer les différentes étapes dans la vie d’un arbre. Des panneaux explicatifs situent le végétal dans son écosystème, mais ce sont huit modules, faits en métal et en bois, qui toucheront davantage l’imagination.
« À travers huit fonctions vitales, soit germer, se reproduire, se tenir debout, prendre racine, respirer, grandir, mourir ou la photosynthèse, nous voulions expliquer leur rôle par des textes, des illustrations, mais aussi de grandes structures, indique Andrée Hallé, chef de section programmation et muséologie au Jardin botanique et initiatrice du projet. Leur forme évoque la fonction de l’arbre. Par exemple, lorsqu’on parle de la circulation de la sève, on sait que celle-ci monte et descend dans un arbre. Alors on a construit un escalier qui fait le tour d’un érable. Le visiteur lit le panneau explicatif et il fait lui-même le geste de monter et de descendre, à l’image de la sève. Pour la photosynthèse, on a placé une chaise qu’on a orientée plein sud, comme une feuille lorsqu’elle fait son travail de photosynthèse. L’idée est de jouer avec la forme et la fonction pour faire comprendre de façon très simple comment un arbre fonctionne. »
Interpréter un végétal pouvait être fait de plusieurs façons, souligne Mme Hallé, que c’est l’œuvre de l’herboriste Francis Hallé qui lui a donné l’idée de mettre l’accent sur le fait qu’un arbre est un être vivant. Souvent oublié par la population, cet aspect devait être rappelé aux visiteurs.
« Les arbres sont mal compris, affirme-t-elle. C’est pour ça que nous avons fait ça. Le parcours est une façon de faire connaissance avec l’arbre. Nous protégeons plus ce que nous aimons et ce que nous connaissons. C’est pour faire comprendre aux citoyens, surtout aux citoyens urbains, que l’arbre est un être vivant au même titre que l’écureuil qui est sur la branche. Habituellement, le monde voit davantage l’écureuil que l’arbre. Les arbres sont fixes et à cause de cette particularité, on dirait que nous avons de la difficulté à les concevoir comme des êtres vivants. »
« On peut pousser ça très loin en demandant quelle est la différence entre couper la branche d’un arbre et la patte d’un animal, ajoute Mme Hallé. C’est un être vivant et cette branche est une partie de lui-même. Parce qu’ils sont pris pour acquis, nous en parlons beaucoup moins. Si ce n’était pas des plantes et des arbres, il n’y aurait rien qui bougerait sur terre. »
En plus d’approfondir les connaissances des visiteurs sur ces végétaux, Mme Hallé espère que ce parcours permettra ultimement d’avoir un impact sur le défrichement ou sur l’abattage des arbres.
« Par ricochet, ça pourrait avoir l’effet que les gens ne couperaient pas les arbres sur leurs terrains. Il faut penser sérieusement dans ces situations, car ils ont un rôle fondamental sur la qualité de vie, la qualité de l’air et sur l’écosystème. Nous oublions ce qu’ils font trop souvent. Il faut les protéger », soutient Mme Hallé.