Griffintown
Griffintown raconte la dernière saison d’une équipe de cochers dans le Far Ouest de Montréal.
Le printemps s’installe, on se prépare à l’arrivée de la saison forte. L’écurie va bientôt rouvrir. Comme les oiseaux, les chevaux, les cochers et les stagiaires reviennent en même temps que le beau temps. La nouvelle saison commence mal cette année, Paul Despatie, le propriétaire de l’écurie a disparu. Billy, un des cochers, va poser des affiches un peu partout pour tenter de le retrouver.
« Recherché : Homme avec une seule botte, un tatouage de track de chemin de fer sur le bras gauche et peut-être un trou de balle dans le front. Mort ou vif. Rançon offerte $$$. »
Marie, une ancienne cavalière, est vraiment amoureuse des chevaux. Elle va venir offrir ses services à l’écurie. Elle va faire ses classes et finir par faire sa place dans l’équipe.
« Paul disparu, quelqu’un parmi les cochers et hommes de chevaux allait devoir se faire caïd à son tour pour que le manège continue à tourner. »
C’est Billy qui va prendre la relève.
Dans le roman, on fait la connaissance de plusieurs personnages qui sont tous bien colorés. On se croirait vraiment dans un western-spaghetti, mais très actuel.
Finalement, on va retrouver le corps de Paul qui a été tué de deux coups de pistolet.
L’écurie est menacée de disparaître puisque les promoteurs du Griffintown 2.0 veulent s’emparer du territoire pour construire des condos. Ils veulent attirer une nouvelle clientèle et revitaliser le secteur. On les soupçonne d’être mêlés à la mort de Paul.
L’auteure nous décrie très bien la réalité de la vie de cocher et de leur environnement de travail. L’enquête et la vengeance se vivent à l’interne. « Ce qui se passe à Griffintown reste à Griffintown; il en a toujours été ainsi. » Ce sont les lois du milieu.
Est-ce que vous saviez que Marie-Hélène Poitras a conduit une calèche pendant deux étés, mais sa passion des chevaux remonte à plus loin. On peut faire beaucoup de parallèles entre l’auteure et Marie. Plusieurs des personnages sont inspirés de cochers qu’elle a connus, et le roman est dédié à celui qui l’a prise sous son aile.
Le roman se passe dans le Vieux-Montréal, mais à un certain moment, on évoque un endroit très fréquenté du Vieux-Rosemont, le Bingo Masson. J’ai trouvé très comique de retrouver cet endroit dans le livre.
Quand je pense au Vieux-Montréal, je vois systématiquement les calèches en bas de la Place Jacques-Cartier. Pouvez-vous imaginer ce secteur de la ville sans calèches l’été? Il faudrait peut-être protéger ça et s’assurer que ça ne disparaisse jamais.
Auteure : Résidente du Vieux-Rosemont depuis trois ans, Marie-Hélène Poitras est écrivaine et journaliste. Elle est également auteure de Soudain le minotaure (2002) son premier roman qui a reçu le prix Anne-Hébert. La Mort de Mignonne et autres histoires (2005) a été finaliste au Prix des libraires du Québec. En 2009, elle publie la collection Rock & Rose qui s’adresse aux 11 à 17 ans.